‹ Les amis de la marquise de Sablé;Chapitre 42 sur 105 · Monseigneur de Péréfixe fut nommé en · texte numérisé non relu

Monseigneur de Péréfixe fut nommé en

Du sainedL

Il est vray, ma très chère sœur, qu'il faut mourir* mais ce ne sera pas , Dieu aidant, pour bien tOBt; ^t Dieu par sa bonté vous donnera du temps pour vouB "y préparer encore mieux que vous n'estes , et j 'espère qu'il vous en estera la peur au paravant par la confiance en sa bonté qui augmentera vostre charité jusques à vous faire désirer ce que vous craygnés à cette heure si fort *. Ne vous étonnez point, ma très chère sœur, je vous en suplie ; conservez bien votre rume et il passera bien tost. J'ay aussi une grande foyblesse sur la poitrine qui m'a empeschée de me mettre dans les remèdes. En ne parlant point deux ou trois jours, cela ée passera s'il plait à Dieu.

Je suis toute en peine de vostre livre. Je vous suplie très humblement que je sache quand il sera retrouvé. Je suis toute à vous, ma très chère sœur; je n'ay nul rume ; ce n'est que par foiblesse, pour avoir trop parié.

Du 16 ayril.

HiST-CE point assez de trois jours de silence pourvois obéir à ne vous rien dire et pour passer l'humeur où

1. Dans plusieurs de ses lettres, la mère Agnès combat égsr lement cette terreur exagérée de la mort qui poursuivait madame de Sablé et qu'elle entretenait de la manière la plus ridicule. Une fois, elle se montra très-mécontente , parce qu'on la laissa entrer dans sa tribune, à l'église de Pori- Rojal, pendant qu'une morte était exposée dans le chœur.

— i31 — ^^\xs advouez (juevous estes et celle où vous pretandez î^^ je suis? Je panse que ouy et je vous demande per- ^Xssion de vous dire, ma très chère sœur, que vous ne ^^tioissez pas les cœurs. (Je ne vous en veus pas dire la î^soh quoy que j'en aye envie.) Je vous asseure, ma '^ès chère sœur, que je n'ay point de pansée de vous ^^her mes sentimens; au contrayre, je suis fâchée de ^evous les pouvoir exprimer dans leur sincérité, estant ' *^ien asseurée que si vous les pouviez voir, vous n'y *i*ouveriez point la sécheresse dont vous vous plegnés , 9ui vient de mià lourdise et non pas de mon cœur. Nous ignorons la délicatesse de la Cour qui couvre tant de fintise et nostre grossièreté aute (ôte) le lustre et l'agrément de nostre véritable amitié. Je n'ose vous en diife davantage, mais j'espère que quelque jour que nous pourons avoir l'honneur de vous voir , Dieu donnera quelque jour à ces petites ténèbres. Ce pendant il sait ce que je vous suis. Je me promets qu'il en est l'auteur et qu'ainsi 11 me fera la grâce de persévérer à esti« toute à vous.

Ma très chère sœur,

JjB suis très mortiliée de la continuation de cette fâcheuse migrayne , de ce qu'elle vous oblige de sortir ^u temps qu'il semble que vous debvriés plus tost defiîeurer, mais la nécessité n^a point de loy et il est vray 91e vous avés trop différé de prendre des remèdes. Je prie Dieu de tout mon cœur qu'il vous soulage et que vouspuissiés bien tost revenir; ce pandant, ma très ^ère sœur , vos remèdes et les afoyblissemens qu'ils

vous pouront causer vous seront une pénitence, recevés (les) ainsi afin qu'ils servent à vostre ame et que la veue de la pénitence vous retienne dans la douceur d'esprit et la passience vers cens qui vous servent. Je vous dis cecy, m'imaginant peut-être faussement que vous este comme moy qui suis impassiente quand je suis foible. Bonjour, ma très chère sœur, je suis toute à vous.

Du dernier octobre.

Ma très chère sœur,

vJuoY que j'aye resenti de la joye de Teffort que Nostre Seigneur vous a fait fayre de venir par ce grand brooillars pour la santé de vostre ame, je n'ay pas laissé de craindre beaucoup que celle de vostre corps n'en pâtît, et je prie Dieu de tout mon cœur que cela ne soit pas et que la grâce que vous avez reçeue serve à vous mieux porter. En toute manière je serois bien ayse de sçavoir si vous c.^ demain pour m'en rejouir et en remertier Dieu avec vous, ma très chère. Quoy qu'il en soiil je priray Dieu par l'intercession de la sainte Mère et de tous les saints de vous donner une nouvelle vie dans sa sainte grâce et qu'il la justifie tous les jours. Je vous proteste, ma très chère sœur, qu'ayant toujours joye de retourner en nostre désert, elle a esté bien traversée du deplesir sensible de m'éloygner de vous pour qui il est vray que Dieu m'a donné dés sentimens plus grands que je n'avois jamais eu, mais cela ne fait pas

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