ARNAULD D'ANDILLY
Robert Arnaald d'Andilly était le fils àlnè {fJLilioiàe ArnauMi avocat célèbre, et de Anne Forgetj fille èU^ même du premier maltre-d'hôtel du connétable de Boni' bon. Il appartenait à Tune des plus anciennes fatnilies de r Auvergne, où ses membres occupaient dans là fdb^ et ddlU Parmée des positions considérables. Littérateur sâySiif et aimable, il jouissait d'un grand crédit à la cour, où il coi>serva touj ours une attitude irréprochable, et qui faisait dire à Balzac en parlant de lui : « Qu*il ne rougissoit point des vertus chrétiennes et ne tiroit point vanité des vertm morales. » Il quitta le monde en 1643, à l'âge de cinquantecinq ans, pour se retirer à Port-Royàl-des-Champs, où il composa un certain nombre d'ouvrages d'érudition religieuse. Il passa dix ans sans quitter le monastère dont il était en quelque sorte chargé de faire les honneurs; il paraît même qu'il y attirait trop de monde et qu'il dut, à oe propos, se rendre aux observations de son neveu, M. de Sacy. En 1656, à la suite de l'arrêt de la Sorbonne, qm avait exclu le grand Arnault de son sein, il y eut ordre de
^sperser les solitaires des Champs; M. d'Andilly, prévenu
^"^ance par le secrétaire d'État Loménie de Brienne,
^.^"^ écrire à Mazarin et obtenir qu'on laisserait ces mes-
^®U.Tsse soumettre àl'ordre d'exil, sans la participation du
■*^^vi tenant civil. Il se retira chez lai à Pomponne, d'où il
i^ Rendit au bout de quelques jours à Fresne, chez ma-
^^*ïie du Plessis-Guénégaud. Au bout d'un mois il était
^^Xxtré à son cher désert des Champs, et Mazàriti répoli-
^^t à seâ renlferciements en le t)riant de ne jias roubliei*
^^Us ses prières.
Dans la suite, M. d'Andilly s'efforça de concilier les ^eux partis ; il soutint vivement la tentative de l'évêque de Comminges et faillit même, à cette occasion, se brouiller avec son frère. Quand les persécutions recommencèrent, iJ se rallia étroitement au parti, et nous le voyons, le 26 avril 1664, assister à l'expulsion des douze religieuses qu'il bénit et escorta jusqu'à la voiture préparée pour les emmener. Une lettre de cachet lui enjoignit de regagner Pomponne , qu'il quitta en 1671 pour venir remerciel* Louis XIV de la nomination de M. de Pomponne à l'ambassade de Suède. De Versailles, il songea à retourner aux Champs, ce qui lui coûtait assez, car il avait mené trèsdoucement son exil chez lui. Du moins réfléchit-il pendant près de deux ans; il s'y réinstalla au mois de mai 1673 avec M. de Luzancy, et y mourut le 27 septembre de l'année suivante.
Ce jeudi au soir.
doMME jamais lettre ne mérila moins d'estre bruslée, je ne sçaurois assez vous dire que c'est le desplaîsir que j'enay. Si elle se futadressée à moy, je raurois fait enchâsser dans de Tor, plustost que de la jeter au feu , n'y ayant rien de plus estimable et de plus rare dans un siècle aussi corrompu qu'est le nostre, que cette preuve de la vertu d'un homme qui porte à juste titre le nom d'evesque.
Ce 6 septembre 1664.
JLstant prest de quitter ce saint désert avec mon de Luzancy \ qui reçeut hier un ordre semblable mien, je vous dis encore adieu en la manière que je puis et ne vous dis point avec quelle estime, quel pect et quelle passion je suis absolument tout à voi puisque vous me connoissez trop pour pouvoir j en douter',
1. Charles-Henry, son troisième fils, retiré à Port-Rojal ^^n 1643, mort en 1684.
3. Il 7 a encore un billet, dans lequel M. Arnauld d'Ands 1 X j^ explique comment l'évêque de Vence avait pris une lettre d*uL zs « amie d'Arnauld pour une de madame de Sablé et lui ayait écsz** < lui-môme un mot auquel elle ne comprenait rien.