‹ Les amis de la marquise de Sablé;Chapitre 48 sur 105 · ARNAULD DE POMPONNE · texte numérisé non relu

ARNAULD DE POMPONNE

^iïnon Arnauld de Pomponne, fils de M. d'Andilly et de

.^ ^^emoiselle Le Fevre de la Boderie, naquit en 1618;

|, ^ïïibrassa la carrière administrative et fut nommé dès

^B^ de vingt-quatre ans intendantde Casai; il fut ensuite

^nseiller d'État, intendant des armées à Naples et en

^tolôgne. Le jansénisme de ses parents n*entravait nul-

^Qaent ses brillants suôcès, mais sa liaison avec Fouquet

^ Compromit e< le fit disgracier pendant quelque temps.

^^s 1665 cependant, il obtint une mission pour la Suède

^ il retourna enl671 en qualité d'ambassadeur. La même

^ïi^ée, il vint recueillir la succession de M. de Lyonne

^^tame secrétaire d'État des afi'aires étrangères. Il dut se

^Urer en 1679 pour prévenir un btutal exil ménagé par

^^Ibert et Louvois. En 1691, il reprit son portefeuille et

^^ Conserva jusqu'à sa mort, arrivée le 26 septembre 1G99,

^Fontainebleau.

A Verdun, ce 2 avril 1663.

Vous devez, je vous jure, Madame, plus appréhender que moy les charbons dont vous me menacez ; vous me faites une si grande injustice en voulant les assembler sur ma tête, que je craihdrois que la punition n'en tournât contre vous et que vous n'en fussiez plut bruslée que moy. Tout de bon, madame, si vous son. gez bien au tort que vous me faites, vous me devez d< grandes réparations; et quelque obligeans que soieïï vos reproches, si vous croyez que personne vous honox" plus que moy, je n'ay pas moins de plaintes à voU faire que de très-humbles remerciemens à vous rendra Mais enfin. Madame, pour vous faire voir combien nd conscience est nette là-deasus, je ne suis pas s^i^lofuei^ bien aise de vous être re<levable de tant d'obligation < je veux bien vous en avoir tous les jours de nouvelles et quoiqu'elles dussent eetre, en efîet, autant de cImH bons à un homme qui ne les recognoistroit pas » point que je le fais, jje m'acquitte tellemei^t de ïflO devoir là-dessus, que je ne crains pas d'gstre e?p(»é cette épreuve, que je puis bien dire, en quelque Bort< l'épreuve du feu. Tout de bon, Madame, j'auroîssuj^ d'estre fort offensé si vous m'aviez parlé tout de bo J je me garde de le croire, et de n'estre pas assiyré de créance que vous devez avoir que personne n'est vous avec plus de respect et de vérité que moy. Si Te pérance que M. Pelletier vous a fait paroistre de dc pouvoir obtenir de Arnim à Pomponne avoit im aut:) fondement que le désir que je suis assuré qu'il a saï

doute de m'obliger, je ne demanderois rien davantage de ses bons offices et de ceux de M. Le Tellier, et je ne doute pas que si je fusse assez heureux pour Tobtenir, je n'en sois principalement redevable au plaisir î^'aiira M. Le Tellier de faire une chose que vous souhaitea.

SUZANNE D'AUMALE DHAUCOURT

Nous recueillons ici un billet échappé à M. CousIa quand il a publié quatorze lettres de mademoiselle d*Aumale à madame de Sablé.

Suzanne d'Aumale d'Haucourt était fille du premier chambellan du prince de Condé; amie de madame de Grignan et fort bien posée dans la société honnête du temps, elle était, ainsi que sa sœur, fort liée avec Mademoiselle de Montpensier, avec ses deux maréchales de camp, la comtesse de Fiesque et de Frontenac, et avec mademoiselle de Vandy, qu*elle n'épargna pas toujours cependant, à ce que raconte Mademoiselle dans ses Jfi^* moires. Toutes deux étaient passionnément dévouées à madame de Longueville. Suzanne était connue dans le monde précieux sous le nom de Dorenice : « Une princesse de grand esprit, dit Somaize, et de grande naissance; elle voit le grand monde et écrit fort bien en vers et en prose. > Elle épousa dans la suite le second maréchal de Schomberg et mourut sans enfants.

(1670) Ce 81« de maj, à Lisle.

Jk ne puis plus compter à rien toutes les joyes que J ^y eues de me voir encore honorée de vostre souvenir puisqu'elle a esté suivie par la nouvelle du triste estât oti Vous estes. Je ne sais rien, madame, qui puisse exprimer la douleur que j'en ay et je pense qu'il me fau- ^a taire dessus les sentimens que j'ay sur ce qui vous ^Uche, parce que je ne trouve rien qui vous les puisse ^ien faire comprendre. N'y aura-t-il personne dans le monde qui soit capable de s'occuper aussi fortement de tous vos intérêts que je le suis, et qui le veuille faire utilement. J'ay regret à n'estre pas à Paris pour voir si tout le monde est mort sur un sujet où il seroit sy honoraile de vivre. Je prie M. Valant de me mander de vos nouvelles et je vous supplie très humblement , madame, d'estre très fortement persuadée que si mon amitié vous est inutile, je n'en suis que plus malheureuse et que je vous souhaite avec inquiétude tout ce que vous méritez et que je suis à vous avec tout le respect et la tendresse imaginables.

Suzanne d'Aumalb.

Madame de Frontenac et mademoiselle Doutrelaire vous assurent de leurs respects et déplorent avec moy le malheur qui vous vient d'arriver *.

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