‹ Les amis de la marquise de Sablé;Chapitre 6 sur 105 · Né en 1603, à Herman ville, près de Caen, mort en · texte numérisé non relu

Né en 1603, à Herman ville, près de Caen, mort en

esprits et figure dans toutes les querelles littéraires du temps , querelles qui prenaient sauvent Timportance d'un événement. Comme poëte, il montra un véritable talent et ne peut être cité qu'en compagnie de Malherbe et de Racan.

Grisante, ou comme Rappelle ironiquement Despréaux, Patelin ou Pucelain, enfin le pauvre Chapelain \ joua aussi un grand rôle dans les salons de l'époque et appartient à la première société de l'hôtel de Rambouillet; il ne méritait assurément pas les amères critiques du grand satirique du xvn« siècle, et, si ses vers étaient d'une déplorable dureté, sa prose au moins devait trouver grâce devant son sévère Aristarque. Il en est de même de Saint-Amant ', soldat, poëte et voyageur, l'un des premiers membres de l'Académie française, lîhargé à ce titre de rédiger dans le Diction^ naire les mots légers ou burlesques, et qui nous a laissé quelques œuvres pleines de verve et d'imagination. Si j'écoutais mon désir, je m'arrêterais longtemps sur chacun de ces hommes lettrés qui constituent, tout ensemble, la plus brillante galerie intellectuelle et à coup sûr la société la plus intéressante qu'on puisse imaginer.

Après avoir ainsi salué ceux qui, parmi les précieux, étaient de véritables vétérans, je passerai rapidement sur ceux d'entre eux qui, grands seigneurset financiers.

l. Né à Paria en 1595, mort en 1674. — 2. Gérard de Saint- Amant, né à Rouen en 1594, mort en 1660. — M. Livet a publié ses œuvres complètes dans la Bibliothèque elzévirienne ^ parmi lesquelles il y a beaucoup de fragments inédits et curieux.

protégeaient leurs amis lettrés et leur empruntaient un peu de leur éclat littéraire en échange de Tor qu'ils leur donnaient : de ce nombre étaient Coudé, Guise, Pouquet, les trois Gramont, le marquis d'Urfô, qui, comme Ta si bien démontré M. de Guémenée, en écrivant ÏAstrée^ a opéré une complète révolution, peignant des mœurs inconnues jusque-là et apportant dans son récit une honnêteté et un choix d'expressions également inusités.

Parmi les célèbres, je nommerai d'Aubignac, l'auteur dii Royaume de la coquetterie, Tune des premières études sur cette époque, et qui fonda une académie dont le plan était à peu près exactement celui qu'on devait adopter pour notre Institut ; le petit abbé Godeau , rimperceptible ami de Julie d'Angennes et le rival de Voiture; Boisrobert, Montreuil, enfin les abbés de Pure et Gotin, victimes de Despréaux, mais auxquels, après tout, une amère critique a assuré une célébrité qu'ils n'auraient jamais eue autrement. L'abbé de Pure * n'a certes pas mérité d'être aussi complètement dédaigné et a laissé deux ouvrages qui sont dignes des éloges des gens de goût. Sa Précieuse ou les Mystères des ruelles est im piquant écrit où Ton retrouve quelques bonnes pensées, et dans lequel il attaque impitoyablement les beaux esprits de sa connaissance. Il inventa cette fameuse distinction des quatre amours : « l'amour « de ouy^ l'amour de noriy Tamour de maw, l'amour de

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