LE DUC DE LONGUEVILLE
Henry d'Orléans, duc de Longueville et d'Estouterille» prince de Neufchatel , gouyerneur de Normandie, pair» chevalier des Ordres, naquit le 27 avril 1595, il épousa en première noces Louise de Bourbon, fille de Anne de Soissons, et en secondes, le 2 juin 1642, Anne-Geneviève de Bourbon, fille du prince de Condé. Il n'eut du premier lit que la duchesse de Savoie-Nemours ; du second naquirent Jean-Louis-Charles, qui^ reçut la prêtrise en 1669 et mou* rut en 1694; Charles-Pâris, qui fut tué au passage du Rhin, et deux filles qui moururent au berceau.
Le duo de Longueville avait eu une fille naturelle qui fut abbessc de Maubuisson, et mourut le 16 juillet 1664.
Madame,
Je me sens si touché de la bonté avec laquelle il vous plaist de me parler sur la que mon fils * a
l. .Tean-Louis-Cbarles, né en 161C, titré comte de Dunoit : « Mal fait de corps et d'esprit, dit M. Cousin, il ne fut à sa mère
aite et de la part que vous prenez à ce qui me touche, £ue je ne sçais de termes qui puissent vous en exprimer e ressentiment, etje vous advoue, madame, que les narques de Thonneur de votre bonne amitié me sont A sensibles, qu'elles sont capables d'adoucir et de souager tous les maux que je pourrois ressentir, tant j'ay l'estime, de vénération et de passion pour tout ce qui Dart de vous, à qui je suis, avec tout le respect imaginable, votre très humble et très obéissant serviteur,
Duc DE LONGUEVILLE.
... 14 de novembre 1662.
qu'iiiï long chagrin.» 11 entra dans les ordres en 1669 et mourut le 4 février 1694. —Après la conversion de madame de Lotigueville , le duc eut le gouvernement de sa maigoti et de ses enfants, qu'il confia à M. de Fontenai, gentilhomme normand et ami de madame de Sablé. Leduc de Longueville nourut peu de temps après à Rouen, le 11 mai 1663.
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LE MAllÉCIIAL DE LUXEiMBOURG
François-Henri de Montmorency^ fils du comte defiouteviile qui pava de sa tcHe sa passion pour les duels, dac de Luxembourg, par son mariage avec Théritièrede cettd antique maison, était, comme chacun sait, Tun des pria** cipaux généraux du règne de Louis XIV.
Il naquit posthume le 8 janvier 1628, et s'attacha au parti du prince de Condé, qu'il suivit durant la Fronde. Msrè— chai de France en 1675, il commanda en sous-ordr^ l'armée de Monsieur à Cassel, et gagna bientôt après ^ lui seul les batailles de Fleurus, de Steinkerque et dô Nerwinde.
* Le tapissier de Notre-Dame, » comme l'appelait Condé ^ à cause des nombreux drapeaux qu'il fit appendre Vi^ voûtes de la cathédrale de Paris, mourut en 1®95.
Au camp devant Saint-Ouen, ce 16 avril. .
J E pense que vous n'este pas faschée que je me trouva auprès de Monsieur, et je suis assuré que vous sériel
encore plus aise si j*étois assez heureux pour pouvoir contribuer en quelque chose à sa gloire. Mais pour ce lernier plaisir ne vous attendez pas â l'avoir jamais; 1 y travaille trop bien tout seul pour en laisser le soin lux autres, et ce leur en est une assez grande que l'avoir Thonneur de le suivre dans le chemin qu'il fait pour en acquérir. Voilà tout ce que Ton peut espérer ivecque luy , et je vais vous dire ce que j'espère de vous. me n'est ni Chatillon ni Merlou, mais ime autre chose iont je me soucie beaucoup; c'est que vous fassiez mes Domplimens à Madame, et que vous luy marquiez bien la part que je prends au déplaisir que luy doit causer ce que Monsieur vient de faire. Car, comme elle l'aime au point que vous sçavez, je la vois à l'avenir dans des inquiétudes continuelles. Monsieur a gagné une des plus complètes batailles qui se soient données de nos jours. Un si avantageux succès ne luy inspirera pas le besoin de ne faire plus autre chose, et je crois qu'il vaudroit mieux pour Madame d'avoir épousé un procureur qu'un homme comme celuy-là, qui ne songe qu'à la guerre, et qui oublie une bataille le lendemain qu'il Ta gagnée. Il est à cheval depuis le matin jusqu'au soir, pour prendre Saint-Omer, comme s'il en estoit à une conquête de plus pour que sa réputation soit bien établie. Faites aussi bien mes complimens à Mademoiselle, et pour vous, je n'en conserverai point, car nous ne somme plus à cela près. Adieu.
Nous donnerons aussi cette copie de la lettre adressée à Monsieur par le même maréchal, également à ToccasioD de la bataille de Cassel, gagnée en effet par Monsieur sur le prince d'Orange, le 11 avril 1677 :
Monseigneur,
f UELQUE grandes que soient les actions du Roy, elles ne peuvent empêcher que Ton admire celles de Votre Altesse Royale; les unes et les autres ont trop de rapport pour les pouvoir séparer. Avouez, Monseigneur, qu'il n'est pas difficile de réussir dans l'exécution d'un grand dessein, quand on a toujours devant les yeux la sagesse, la vigilance et la valeur de Sa Majesté. Moins occupée de son intérest que de votre gloire, Elle vous a donné lieu de gagner une bataille capable de borner la plus vaste ambition. Marcher soy même à la tête d'une armée, démesler les desseins des ennemis^, rallier plusieurs fois des troupes étonnées, laisser 6,000 prisonniers et forcer ensuite une ville importante à se rendre à discrétion, il faut que ce soit une action peu commune, ayant été honorée de l'estime particulière du plus illustre des Roys et suivie des acclamations de tous ses sujets. Quelque éclatant que soit le rang de votre naissance, il faut que son éclat cède à celuy de votre valeur ; mais, Monseigneur, que les périls où elle vous expose font trembler un cœur qui sent tout ce que vous valez ; la crainte Vie vous perdre au milieu de la victoire fait qu'il vous désire moins de gloire; quoique son amour paroisse intéressé , il ne laissera pas d'être estimable, estant accompagné de tous les sentimens du plus profond respect.