LA COMTESSE DE MAURE
le renverrai au volume que j*ai consacré à madame de Maure *. Cette lettre avait échappé jusqu^à présent au^ curieux. J'y joins le passage d'un billet de M. de Marillac à madame de Sablé, relativement à une très-vive discussion qui s'était élevée entre le comte de Maure, après la mort de sa femme, et mademoiselle d'Atrj, sa nièce, au sujet d*une rente sur laquelle il réclamait tout ou partie des revenus. M. Cousin a publié, dans sa première édition de Madame de Sahîé^ plusieurs billets de madame de Longucville concernant cette afifaire. La fin de cette lettre m'a paru de nature à compléter le maussade portrait du comte de Maure. Bile est écrite par Michel de Marillac, maître des requêtes, précédemment conseiller au parlement de Paris, cousin de madame de Maure.
1. La Comtesse de Maure, sa vie et sa correspondance. Un vol. >u-18. Paris, Gay, 1863.
Vous voilà donc revenue d'Auteuil, mamour, dont j^ serois plus aise si je pouvois vous aller voir, mais il faut que j'aille disner au Luxembourg pour une afTair^ et que je coure Taprès disner pour une autre. Il se &'t^ hier un grand racomodement entre madame de Loil — gueville et madame de Montausier, laquelle en fut juft — ques à pleurer. Je crois que vous êtes cause de ce box3. œuvre là. Madame de Longueville ayant dit à U. L^ comte de Maure que vous luy aviez dit qu'elle devoi* estre en scrupule d'estre avec madame de Montausi^T comme elle y estoit, vous avez très bien fait de les r^ — mettre et vous y avez eu meilleure main que moy, qua-i y ay fait ce que j'ay pu il y a déjà une bonne coupl-^ d'années; mais eu ce temps-là madame de Montausier estoit inexorable, jusqu'à n'avoir pas voulu correspoi^:»"^ dre à un compliment que j'avois esté cause que m^^-" dame de Longueville avoit mis dans une lettre pou:»-^ elle qu'elle m'escrivit, et je crois vous avoir conté celai- » mais enfin il vaut mieux tard que jamais. J'ay biener^-— ' vie de sçavoir ce que vous avez dit à madame deLorx-*" gueville là-dessus, et ce qu'elle a répondu, et je n.^ feray point de semblant; comme je vous prie de n'exx point faire que je vous ay rien dit de cecy, ne voulant point faire semblant à M. de Montausier de le sçavoir, 8 ce n'est que madame de Longueville y consente.
Il seradifiicile de les résoudre, les arrérages de
cette rente, mais il ne le sera pas moins à persuadera
. le comte qu'il ne la doit pas plaider, les autres esnt contre luy; car, madame, un homme qui ne se peut jpartir d'une médiocre raison est invincible quand il se (fend d'une bonne. Je luy ay escrit ce matin et luy ay •nseillé de laisser mademoiselle d'Âtry en repos dans solitude, puisque c'est la chose du monde qui luy •nvient le mieux présentement, et que ce sentiment toit dû à cet esprit de justice qui luy a mesme fait 'endre intérest en tant de choses qui ne le regardent >int, comme en toutes les questions du temps, au réjudice de sa ratte ; permettez moy, madame, cette lillerie de vous à moi, car vous entendez bien que je B luy ay pas escrit tout cela entièrement.
De Marillag.
Ce 25« juin (1664).