‹ Les amis de la marquise de Sablé;Chapitre 82 sur 105 · LA MARÉCHALE DE SCHOMBERG · texte numérisé non relu

LA MARÉCHALE DE SCHOMBERG

Ce billet est très-insignifiant ; mais je n*ai pu résister i'?i

au désir de recueillir ces quelques lignes demeurées iné- I ^

dites et tracées par l'une des femmes les plus accomplies ^

certainement du ivii» siècle. Après le travail charmant et -si

complet que M. Cousin lui a consacré, je me contenterai de rappeler brièvement sa vie. Marie de Hautefort naquit en 1616, fille du marquis de Hautefort et de Renée du Bellay. Amenée à Paris par sa grand*mère, madame de la Flotte-Hauterive , gouvernante des filles d'honneur de la ||^

reine-mère, elle fut placée parmi celles-ci et ne tarda pas à attirer Tattention du roi. On connaît de reste Thistoire '^

des chastes amours de Louis XIII. En 1635, le cardin^ *

de Richelieu parvint à supplanter la belle et sage Marie de Hautefort par mademoiselle de La Fayette, une de ses collègues, belle aussi et non moins sage ; mais elle ne satisfit nullement Richelieu, qui redouta même assez Tin* fluence qu'elle semblait chercher à prendre, pour rappeler la faveur royale sur mademoiselle dé Hautefort (1637). Celle-ci redevint Pamie et la confidente de Louis Xlli,

ui donna la survivance de la charge de sa grandî, devenue dame d'atours de la reine, avec le titre de tmc. Le cardinal la sacrifia de nouveau en 1640, et la téme exiler; elle resta retirée dans une terre aux rons du Mans jusqu'à la mort du roi; elle fut rap- 3 dans les termes les plus affectueux par la reine Anne ."triclie, dont elle était devenue» depiiis son second XT à la cour, l'amie dévouée. Mais, pieuse et austère (xie elle était , elle ne sut pas dissimuler assez ses xnents et fatigua la reine par le blâme qu'elle formu- Sans cesse contre la faveur deMazarin. Uune rupture suivit naturellement, et madame de Hautefort se retira ouvent des Filles-Sainte-Marie, où elle vécut fort enêe. Plusieurs personnages des plus considérables reohaient alors sa main, entre autres, M. de Gesvres, le êchai de Gassion et le maréchal duc de Schomberg. épousa ce dernier en 1646. Veuve au bout de dix an- & d'une parfaite union, elle se retira au couvent de la teleine, dans la rue de Charonne, pour passer son il. Elle revint ensuite à Paris où elle vécut très-simpleit, allant rarement à la cour. Seulement, quand le mal ible qui torturait la reine fut arrivé à sa dernière péîe, la duchesse vint assidûment la voir. Elle s'établit uite dans une maison qu'elle s'était fait bâtir, suivant !age du temps, près du couvent de la Madeleine, et y urut, après de longues soufi^rances, le 1" août 1691. Tadame de Schomberg écrivait avec élégance et esprit, ji qu'on en peut juger par la lettre qu'elle adressa à lame de Sablé, au sujet des Maximes de La Rochefou- Id , qu'elle avait beaucoup connu lors du dévouement jelui-ci pour la reine. M. Cousin regrette de n'avoir ouvé de madame de Schomberg que deux billets à casion d'une petite querelle entre madame de Sablé l'Andilly, querelle où la duchesse fut choisie pour [tre. Elle était très-liée avec madame de Louvois, nièce aadame de Sablé.

Je viens de faire une reflection quy me feroitlaplas grande honte du monde, sy vous ne sçaviés aussybien juger de mon cœur que vous faites et que vous ne sçusiez pas qu'il va droit quand mon esprit va de travers. En vérité, madame, il a été bien à Tanvers de ne vous avoir point assez remersiée de se que vous venés de faire pour moy. Mes, madame, je say que vousavès asés bonne opinon de moy pour croire que personne ne peut m'égaler aux sentimans de reconnoissance que j'ay pour tans de chose que je vous doy. Soufrés, sy vous plait, que je me sois satisfaite, en faisant selte petite réparation au défaut de mon esprit et non pas ^ celuy de mon cœur.

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