‹ Les Amis oubliés de Port RoyalChapitre 19 sur 103 · Traité de l'Amour de Dieu · texte numérisé non relu

Traité de l'Amour de Dieu

elles n'en sont que plus parfaitement distractions ; et n'y faut nul autre remède que de ramener doucement le cœur à son objet.

« Je vous ai répondu à tout, ma très chère fille, ô Dieu ! Saluez un peu bien tendrement de ma part la pauvre chère sœur aînée : mon cœur regarde le sien avec compassion. Je sais qu'il est tellement en Notre-Seigneur, que non pas même ce rude coup n'a su lui ôter la paix intérieure ; mais son ennui et ses appréhensions auront été grandes. Cette sœur m'est chère tout extraordinairement. Dieu soit à jamais notre tout. Amen. Je suis en lui tout vôtre d'une façon que la seule Providence vous peut faire concevoir. La grâce, paix et consolation du Saint-Esprit soit avec nous. Amen.

« Mon frère est toujours auprès de Madame. Oserais-je saluer le petit frère Simon et la chère petite sœur? Mais, ma fille Marie-Angélique, certes je la salue de tout mon cœur, et le bon M. Manceau ; et quand vous la verrez, votre grande amie et ma chère sœur de la Croix. Dieu soit au milieu de votre cœur. Amen *. »

Sans date.

« Je vois clairement cette fourmilière d'inclinations que l'amour-propre nourrit et jette sur votre cœur, ma très chère fille, et sais fort bien que la condition de votre esprit subtil, délicat et fertile, contribue à cela ; mais pourtant, ma très chère fille, enfin ce ne sont pour tout que des inclinations, desquelles puisque vous sentez l'importunité, et que votre cœur s'en plaint, il n'y a pas de l'apparence qu'elles soient acceptées par aucun consentement, ou du moins par consentement délibéré. Non, ma très chère fille ; votre chère âme ayant conçu le grand désir que Dieu lui a inspiré de n'être qu'à lui, ne vous rendez pas aisée à croire qu'elle prête son consentement à ces mouvements contraires. Votre cœur peut être trémoussé par le mouvement de ses passions, mais je pense que rarement il pèche par le consentement.

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