Mr Pierre Camus
pitié de celte pauvre sœur; elle est un peu tendre, mais elle est bonne el fera beaucoup; mais il la iaut presser. S'il vous plaisait de prendre un peu d'autorité sur elle, et de lui faire rendre compte de ses dispositions intérieures, vous l'obligeriez infiniment ; car elle le fera volontiers étant excitée, mais elle n'osera jamais autrement.
« J'ai peur qu'elle ne s'engage à M. de Belley; je n'aimerais pas cela : car voyez-vous, ma chère Mère, il me semble que ces admirateurs des personnes ne 1-eur font pas faire grand chemin. La mode est à cette heure qu'on se contente de peu, et il me semble qu'on fait grand tort par ce moyen à plusieurs âmes.
« Je suis bien aise que vous avez une maison, mais c'est à dire que vous vous en irez bientôt. Oh bien que la sainte volonté de Dieu soit faite sans réserve en tout. Je vous supplie de prier Dieu pour moi, ma chère Mère, et que je sois toujours votre enfant. ,
« Ma chère Mère, tout en vous écrivant, je viens de me mettre en colère, et de parler avec bien du mépris de quelqu'un, et j'ai dit quelque chose afin qu'on fit ma volonté *. »
Le passage de saint François de Sales à Maubuisson avait éveillé les susceptibilités des religieux de l'entourage de l'abbesse, et l'antao-onisme habituel des réguliers contre le clergé séculier se donnait libre cours. J'étudierai, dans un autre chapitre quelle était alors la situation des monastères de femmes vis à vis des monastères d'hommes du même ordre, quels abus honteux s'étaient glissés avec la domination des moines, quelle énergie la Mère Angélique dut déployer pour affranchir sa maison de ringérence des religieux de Cîleaux et la remettre sous l'autorité de Tarchevêque de Paris. Quelques années vont encore s'écouler avant que l'abbesse n'obtienne juridiquement cette èxemp-