‹ Les Amis oubliés de Port RoyalChapitre 25 sur 103 · C'était une ancienne religieuse de Maubuisson · texte numérisé non relu

C'était une ancienne religieuse de Maubuisson

j'irai au Lys *. On me fait accx'oii'e que j'en ai envie, afin de vous voir. Il est bien vrai que j'en ni une envie qui ne sera jamais rassassiée, et je désire que Dieu me fasse la miséricorde de me donner tout à fait à lui sous votre conduite. Mais je n'ai garde, pour me contenter, de vouloir entreprendre indiscrètement une si grande affaire, dont je m'excuse autant que je puis, excepté que je dis, comme il me semble que je dois, que, si l'on me le commande absolument, j'irai. On ne veut pas cependant que je parle ainsi.

« Ma chère Mère, pour l'amour de Dieu, aimez-moi toujours, et faites par vos prières, et vos soins maternels que je sois toute à lui, car je suis votve vraie enfant, qui me démets toute entière entre vos mains. Que Dieu vous consei've et soit béni ! Je salue, s'il vous plaît, ma chère Mère, toutes mes chères sœurs, et particulièrement ma chère maîtresse^ ».

Les lettres de l'abbesse, on le voit, devenaient de plus en plus pressantes. Une seule chose la retenait désormais ; la crainte de désobéir à saint François de Sales. Les autres difficultés, pour elle, ne comptaient plus. Le rôle de la réformatrice s'accentuait et s'étendait : son œuvre n'était pas encore achevée à Maubuisson et déjà il était question de l'envoyer réformer l'abbaye du Lys.

Maubuisson, novembre 1621.

« Ma très chère Mère, la supérieui'e des Feuillantines m'écrit, et témoigne fort désirer que nous ayons grande amitié ensemble : C'est mon frère qui est cause de cela. J'honore bien fort celte Mère, la croyant une grande servante de Dieu ; mais ses lettres me sont si fort à charge, que rien n'est plus ;

1. Le Lys était une abbaye à réformer où les supérieurs de l'Ordre voulaient envoyer la Mère Angélique après qu'elle aurait terminé la réforme de Maubuisson.

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