‹ Les Amis oubliés de Port RoyalChapitre 28 sur 103 · Œuvres, loc. cit., t. IV, p. 163. Lettre · texte numérisé non relu

Œuvres, loc. cit., t. IV, p. 163. Lettre

l'imajs^inalionet paralyserTEsprit. Saint François de Sales était lui-même un directeur incomparable : il ne pouvait commettre celte faute. Il savait aussi à quel degré de sainteté était déjà parvenue la Mère Angélique malgré sa jeunesse, et cela il pouvait seul le savoir en sa qualité de directeur. En lui, le voyant paraît avoir eu une connaissance claire de l'avenir; il a discerné, dans la Mère Angélique, non pas seulement une âme altérée de perfection, mais un exemple, un enseignement plutôt destiné à la perfection d'une multitude d'âmes. C'est là l'explication de ce passage de l'une de ses lettres à la jeune abbesse :

« Souvenez-vous de ce que je vous ai dit : Dieu a jeté les yeux sur vous pour se servir de vous en choses de conséquence, et vous tirer à une excellente sorte de vie. Portez donc respect à son élection, et suivez fidèlement son intention *. »

Cependant, quoique sa conviction fût faite, après avoir reçu la précédente lettre de M"*^ de Chantai, il cessa de résister de front et voulut laisser l'exécution à la Providence. Il écrivit au Père Binet :

Annecy, 11 novembre 1621.

« Mon révérend père, avec mille actions de grâces de la peine que vous avez prise à m'écrire, je vous dirai pour l'éponse qu'étant à Paris je ne voulus jamais acquiescer au désir que M™* de Port-Royal m'a témoigné de se retirer de l'ordre auquel elle avait si utilement vécu jusqu'à l'heure, et véritablement je n'apportai en ce pays non pas même une cogitation de cela ; mais coup sur coup je reçus par lettres

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