‹ Les Amis oubliés de Port RoyalChapitre 46 sur 103 · Ibid., t. IV, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. IV, p

lesquels il est question de la Mère Angélique. A partir de ce moment nous donnerons les documents complets, tels qu'ils existent dans les différents ouvrages où ils sont épars. Pourquoi l'humilité de la Mère Angélique nous a-t-elle dérobé toute la correspondance reçue de M"" de Chantai? Ou plutôt pourquoi sainte Chantai n'at-elle pas laissé une autre sainte Chantai, pour faire, à l'égard des lettres que nous regrettons, ce qu'elle-même a fait pour celles de saint François de Sales?

En 1644, trois ans après la mort de M°" de Chantai, dans la première édition qui fut faite de sa correspondance, se trouvent trois lettres très importantes adressées à l'abbesse de Fort-Royal. Ces trois lettres, à elles seules, suffisent pour affirmer l'intimité des rapports qui ont subsisté jusqu'à cette époque, entre ces deux femmes célèbres, et comme cette publication a été donnée au public par les soins de la Mère Marie-Aimée de Blonay, supérieure de la Visitation d'Annecy, il est impossible d'en nier l'authenticité.

L'année suivante i645, Arnauld d'Andilly donna au public les lettres de l'abbé de Saint-Cyran, son intime ami, mort le H octobre 1643. En manière d'explication, il fit précéder la lettre écrite à M"" de Chantai par M. de Saint-Cyran de fragments de neuf lettres adressées par M"* de Chantai à la Mère Angélique. Il est à remarquer que Arnauld d'Andilly, comme précédemment la Mère Marie-Aimée de Blonay, a publié ces lettres dans un seul but d'édification et sans chercher à faire ressortir la personnalité de la Mère Angélique qui alors, n'en avait pas besoin.

Une lettre de M""* de Chantai à la Mère Angélique, que n'a pas donnée Arnauld d'Andilly, existe dans la Lettre aux Religieuses de la Visitation publiée par le P. Quesnel en 1697.

En 1698^ à lasuite d'une histoire de M"^ de Chantai,

sa tante, Bussy-Rabutin a donné les neuf lettres précédemment citées.

Plus tard Biaise, en 1823, dans une édition augmentée de lettres inédites, publia de nouveau les neuf mêmes lettres. Dans ces neuf lettres sont comprises les trois déjà citées par la Mère de Marie-Aimée de Blonay.

Enfin, en 1860, un parent de M"" de Chantai, auditeur au Conseil d'Etat, Edouard de Barthélémy se consacra à rechercher avec une piété filiale, dans les différentes Visitations et parmi sa parenté, les lettres qui pouvaient exister encore inédites, pour donner au public une édition plus complète de cette correspondance. Ce dernier auteur, dont l'honnêteté ne peut être mise en doute, — non plus que celle de la Mère Marie-Aimée de Blonay, de Arnauld d'Andilly, du P. Quesnel et de l'éditeur Biaise, — quoique très opposé aux théories, soi-disant jansénistes, affirmait que l'authenticité des lettres de M"'^ de Chantai à la Mère Angélique ne pouvait être niée *, et il soulignait lui-même les passages de ces lettres dans lesquels il est question de M. de Saint-Cyran, par des notes explicatives. Il prévenait le lecteur qu'il avait augmenté le nombre des lettres échangées entre la fondatrice et l'abbesse, voici dans quels termes :

« L'éditeur Biaise en donna huit adressées à la Mère Angélique, une à l'abbé de Saint-Cyran. Elles sont extraites des Lettres chrétiennes et spirituelles publiées par Jean Duverger de Hauranne. Nous en avons augmenté le nombre 2. »

De Barthélémy a donné treize lettres adressées à la Mère Angélique. Cependant, en examinant attentivement ces treize lettres, il est aisé de reconnaître que trois

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