‹ Les Amis oubliés de Port RoyalChapitre 49 sur 103 · Lettres, loc. cit., t. II, p · texte numérisé non relu

Lettres, loc. cit., t. II, p

sug-g^estive. Les bons Pères évidemment se montraient plus habiles. dans la conduite de leurs affaires que les solitaires de Port-Royal. Nous voilà fixés, et par M™® de Chantai elle-même, sur le truquage des lettres du saint en ce qui concerne l'ordre de Jésus. On ne peut s'empêcher de sourire, en prenant sur le fait, cette candide préparation de l'histoire.

A partir de l'année 1628, les difficultés entre la Visitation et l'ordre de Jésus naissaient et se multipliaient. Dans la lettre suivante, M™^ de Chantai cherchait à calmer une supérieure qui avait eu grandement à se plaindre des Pères et laissait percer son mécontentement sans souci du scandale.

A la Mère Paule-J éronyme de Monthoux

Paris, 1628.

« ...Quant à ce bon Père Jésuite dont vous me parlez, je suis étonnée que vous ayez toujours quelque mortification de ce côté-là, vu qu'en tous nos autres monastères ces bons Pères nous témoignent tant d'affection, el nous rendent tant d'assistance que nous leur sommes grandement obligées. Il ne se peut pas dire l'honneur et la révérence avec laquelle ils parlent de notre Bienheureux Père en leui's sermons. Mais il ne se faut pas étonner si, parmi un si g-rand nombre, il s'en rencontre quelqu'un qui n'est pas de l'humeur des autres. Il ne faut pas pour cela vous aliéner cette sainte Compagnie, mais nous nous y devons tenir toujours unies, car notre Bienheureux Père nous l'a recommandé. Et si bien vous aurez trouvé là sujet de mortification vers quelquesuns, il faut que vous vous souveniez qu'ailleurs vous avez aussi trouvé de l'utilité en d'autres, afin que le souvenir du bien passé vous fasse supporter doucement les petits mécontentement présents. Je n'ai jamais vu en nos autres maisons aucun sujet de plainte contre eux, grâce à Notre-Seigneur.

« ... Ma très chère fille, il faut que je vous dise en con-

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fiance que j'ai reçu une lettre, qui ne m'a été écrite d'aucun Jésuite, ni en nulle l'açon de leur part, qui fait mention de quelque chose qui s'est passé entre ceux de Blois et vous, en divers temps et occasions. Hélas ! ma très chère fille, cela fera bien parler le monde d'eux et de vous s'il s'en aper- .cevait, et que l'on connût de la froideur en la communication que leur maison et la vôtre ont toujours eue. Bien que l'on puisse avoir tort quelquefois, ma très chère fille, et, ne devons-nous jamais mécontenter personne ni faii'e des revanches, ni moins, nous désunir de quelque ecclésiastique que ce soit, tandis qu'ils ont la crainte de Dieu et la bonne renommée, comme ont ces Pères qui nous obligent tant et partout. Prenez ceci fort simplement et en faites un bon et doux usage, selon la sainte et charitable prudence chrétienne et selon notre confiance cordiale etc.. * »

Maintenant ce sera an contraire M""® de Chantai qui se plaindra d'un Père Jésuite à la Mère Claude-Agnès Joly de la Roche, visitandine d'Orléans.

Dijon, 22 septembre 1628.

« ...11 faut que je vous dise que le Père de la N*** traite notre sœur la supérieure de Moulins fort impérieusement et la veut fort assujettir. Il me dit qu'une de nos supérieures lui avait dit que les filles devaient dire tous leurs péchés aux supérieures, et que nous tenions les filles gênées ; il me parla impérieusement. Certes, nous les devons honorer, mais nullement nous y assujettir, ni leur donner ouverture à nous mortifier, prenez-y garde ^. (Ici, l'édition de la Visitation signale plusieurs lignes inintelligibles.)

Les attaques des Jésuites, relativement à la manière dont les Visitandines dirigeaient leurs novices, devaient

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