‹ Les Amis oubliés de Port RoyalChapitre 52 sur 103 · Lettres, loc. cit., t. III, p · texte numérisé non relu

Lettres, loc. cit., t. III, p

3. Le P. Binet allait passer par la plume de Pascal. Son attitude vis à vis de la Visitation nous explique qu'il soit devenu, à la même époque, un ennemi de Port-Royal. Voici dans quels termes en parle Pascal : « ...Car pour commencer par la manière indigne dont vos auteurs parlent des choses saintes, soit dans leurs railleries, soit dans leurs galanteries, soit dans leurs discours sérieux, trouvez- vous que tant de contes ridicules de votre Père Binel, dans sa Consolation des malades, soient fort propres au dessein

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« ... Quant à la réception d'un plus g^rand nombre de jeunes filles que l'Institut ne porte, ô Dieu ! mon cher père, je vous supplie de ne point laisser entrer ce désir dans votre âme ; car nous devons tant de respect à votre jugement et de soumission à votre volonté, que ce nous serait un tourment d'être contraintes par notre premier devoir de vous éconduire ; mais je vous le dis en toute sincérité. Mettez-vous donc de notre côté, mon cher père, afin de nous fortifier en l'observance des choses que nous avons reçues de notre bon seigneur et bienheureux père, etc. * »

L'inintelligence de plusieurs supérieures de l'Institut donnait de l'embarras à M"® de Chantai. Déjà elle avait peine à les maintenir dans la voie tracée par saint François de Sales. Aussi, dès que la fondatrice aura disparu, les Jésuites seront-ils maîtres absolus à la Visitation.

«... Non, ma très chère fille, avec la divine grâce, nous ne nous perdrons point, comme ces messieurs disent, faute d'un général. Dieu est l'auteur de notre Institut, il le saura bien conserver. Si, dans un grand nombre d'années, il a besoin de plus d'appui et de refuge extérieur, la providence de Dieu, à laquelle notre saint Père nous a laissées, nous en pourvoira; cest elle qui gouverne son Eglise, iui envoyant de temps en temps le secours nécessaire, et inspirant la manière des gou-

qu'il avait pris de consoler chrétiennement ceux que Dieu afflige (Lettres à un Provincial, neuvième lettre, Paris, p. 182, d'après l'édition de 1754.)?

» ...Depuis que j'ai écrit cette lettre, j'ai vu le livre du Paradis ouvert par cent dévolions aisées à pratiquer, par le P. Bauny, et celui de La Marque de Prédestination, par le P. Binet : ce sont des pièces dignes dêlre vues. (Ibid., p. \A7.) »

« Vincent de Paul par ignorance ou simplicité partageait les vues du P. Binet. « Saint Vincent de Paul aurait voulu que l'on établit un visiteur général pour toutes les maisons de la Visitation; sainte Chantai n'y avait pas consenti... (Mp Bougaud, Hist. de S. Vincent de Paul, I, p. 265.) »

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