Lettres, loc. cit., t. IV, p
Ce. n'était pas, nous le voyons, un esprit isolé, un Père Jésuite plus ou moins bizarre, dont se plaignait M"'^ de Chantai, mais « quantité de Pères » qui avaient fait « de « grands désapprouvements et censures à des personnes « de toutes qualités, au grand préjudice de l'Institut, « en France, en Provence, en Dauphiné, au Lyonnais et « quasi partout. » Quelle conclusion tirer de ces faits, sinon que la Visitation aurait eu le sort de Port-Royal si la fermeté de M™*' de Chantai à tenir bon contre l'envahissement des Pères avait été secondée, comme le fut celle de la Mère Angélique, par un Saint-Cyran, un Arnauld et un Pascal. Les mêmes difficultés se sont produites en même temps à Port-Royal et à la Visitation. La différence des résultats est venue de ce que Port-Royal, par son organisation particulière, par la science et la lumière de ses solitaires, a échappé totalement à l'emprise jésuitique, tandis que la Visitation, livrée à elle-même et privée des premières supérieures, filles de Saint-François de Sales et de sainte Chantai, l'a subie sans résistance, jusqu'au moment, où elle s'est trouvée si complètement absorbée qu'elle avait déjà, sans le savoir, cessé de vivre de sa vie propre.
M"* de Chantai ne se gênait pas plus pour donner librement son appréciation sur un prélat que sur un jésuite, témoin l'extrait suivant :
Annecy, 16 mars 1631.
« ... Je viens à votre lettre précédente. Vous parlâtes dignement à M^"" de Chartres. Vrai ! jamais les prélats ne nous détraqueront... * »
La plus grave difficulté à laquelle se heurtait M™* de