Lellres, loc. cit., t. III, p
Chantai était le manque de confesseurs capables. Elle écrivait à une supérieure de l'Institut :
Annecy, 7 janvier 1634.
i( ... 11 nous a dit aussi que vous aviez uu père spirituel sage, honorable et de bonne réputation ; un confesseur si modeste et rempli de piété et de vertu, que chacun en était édifié. Vous êtes bien heureuses d'avoir si bien rencontré, car les personnes de telle condition sont de riches trésors pour nous, d'autant qu'il s'en ti'ouve rarement ; aussi quand Dieu nous en a procuré, nous devons bien tâcher de les consei'ver. Nous pouvons en parler par expérience, car depuis la mort de notre bon et vertueux M. Michel, nous n'avons point encore su trouver de confesseur qui eût toutes les conditions requises ; et nous sommes contraintes de nous servir de la charité des Pères Barnabites pour nos confessions, et de faire dire nos messes à un jeune ecclésiastique de la ville, etc., * »
Cet exposé rapide des embarras qui assaillaient jyjme de Chantai par suite des intrigues des religieux et de l'absence de confesseurs éclairés, au moment où la Mère Angélique, après avoir passé par les mêmes difficultés, venait d'échapper à la domination de Sébastien Zanet, nous prépare à la correspondance^qui va se renouer entre la supérieure et l'abbesse.
La même année où M""® de Chantai écrivait au Père Provincial des Jésuites pour demander justice contre « quantité de Pères », qui « allaient ternissant son pauvre petit Institut», elle s'adressait à la Mère Angélique pour en obtenir du secours dans une tribulation intérieure qui désolait son âme. Ce rapprochement de dates et cette opposition dans ces rôles sont si remarquables