Leilres chrétiennes, loc. cit., t. II, p
bonté, que toujours depuis » elle désirait que la Mère Angélique « lui continuât la g^râce » d'en envoyer quelquefois de semblables et de ses nouvelles. Or, nous sommes en 1637, c'est à dire quinze années après la mort de saint François de Sales. Les rapports que M**" Bougaud affirmait avoir été interrompus avaient tout l'air de se renouer solidement du côté de la Mère Angélique, tandis que, n'ayant subi aucune interruption de la part de M™« de Chantai, ils continuaient de ce côtélà sans modification aucune, la grande confiance dont cette lettre est empreinte suffit à démontrer que ce n'est pas là une correspondance isolée accidentelle. La Fondatrice sollicitait non seulement les prières de la Mère Angélique et de ses sœurs, mais encore celles de leurs amis qui avaient « crédit auprès du très débonnaire Sauveur ». Ceci allait droit à M. de Saint-Cyran, aussi cette lettre lui fut-elle montrée pour obtenir de lui des prières et des consolations.
« Ma très chère Mère, je sais bien que je parle à vous seule à mon accoutumée. » Nous savons comment M^' Bougaud a traduit ces mots pourtant bien significatifs, « à mon accoutumée * ». « En cette confiance je ne vous puis rien celer, sachant aussi quelle est la véritable bonté de votre cœur pour moi. » La confiance de M""® de Chantai était basée sur l'affection invariable qu'elle savait être au cœur de la Mère Angélique. « J'ai béni Dieu quand j'ai su que notre chère Mère du très divin Sacrement était établie. » La Mère Angélique avait quitté secrètement le monastère du Saint-Sacrement le 10 février 1636, pour délivrer celte maison de la présence de M"^ de Chamesson, créature de l'évêque de Langres. Revenue à Port-Royal, elle avait fait envoyer au Saint- Sacrement, pour le diriger, la Mère Geneviève abbesse.