‹ Les Amis oubliés de Port RoyalChapitre 61 sur 103 · Même étude, p · texte numérisé non relu

Même étude, p

160 SAINTE JKANNE DK CHANTAL

Cette Mère, munie des instructions de la réformatrice, avait renvoyé M"® de Chamesson, et la paix avait été rétablie. M™* de Chantai, nous le voyons, était tenue minutieusement au courant de tous les événements qui concernaient Port-Royal et le Saint-Sacrement. « Enfin ce grand gouverneur achève ses desseins quand il lui plaît; et toutes les traverses qu'il a permises se convertiront à sa gloire et au bien des âmes. » De ces traverses devait, en effet, sortir le Port-Royal complet qui commence à ce moment-là. Les félicitations qui terminaient celte lettre étaient justifiées par la paix qui s'établissait définitivement aussi bien à Port-Royal qu'au Saint-Sacrement.

Cette lettre que la Visitation nie à présent avoir été adressée à la Mère Angélique, et que la Mère Marie- Aimée de Blonay, supérieure d'Annecy, a publiée en 1644, a été publiée, en 1645, par Arnauld d'Andilly, avec les lettres de M. de Saint-Cyran. Mais comme il ne s'agissait, dans cette dernière édition, que de mettre en lumière les peines intérieures de la sainte, uniquement pour expliquer la réponse qu'y avait fait M. de Saint-Cyran, Arnauld d'Andilly s'est borné à citer le fragment de cette lettre qui fait allusion à ces peines.

Ma très chère Mère,

« Dieu m'a envoyé un exercice et peine intérieure sous laquelle je sécherais si sa bonté ne me tenait de sa très sainte main. Je me soumets de toutes mes faibles forces à ses justes châtiments et vous conjure, ma très chère Mère, de lui protester souvent pour moi que je ne le veux point offenser, et ne lui demande que cette grâce et que je souffre tout comme il lui plaira. Je dis ceci sans lumière ni goût, mais je veux que ce soit de tout mon cœur. Voyez si j'ai besoin de vos prières et de celles de vos chères sœurs *. »

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