Mémoires de Godefroi Hermanl, loc. cil., t. II, p
2. A. Feillet, La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent dé, Paul, Paris, 1886, p. 225.
3. Maignart de Bernières créa non seulement une sorte df ministère de l'Assistance publique, mais le premier service public de publicité, par les « Relations », tirées à quatre mille exemplaires et répandues par toute la France.
ET M. DE SAINT-CYRAN i09
pense les outrag-es et les calomnies dont sont généralement accompagnées les œuvres vivantes et nouvelles, M. de Bernières, l'ami de Port-Royal, eut comme salaire l'exil pendant sa vie, l'oubli et l'ingratitude après sa mort. M™® de Chantai ne connut pas l'œuvre de M. de Bernières, mais elle connut le fort et le faible du P. ..Vincent et sut certainement qu'il avait failli dans l'affaire du mariage de Monsieur. Elle savait par quelles tribulations elle avait dû passer, aussi bien que saint François de Sales, au moment de l'établissement de la Visitation, et elle ne partageait pas les passions de ses récents historiens. L'histoire nous prouve qu'elle a, au contraire, partagé toute sa vie les opinions, les sentiments et les amitiés de Port-Royal. Sa correspondance en fait foi, et les retards apportés à sa canonisation le prouvent encore mieux. Le P. Vincent pouvait être un ami, un confesseur; il ne pouvait être le continuateur d'un François de Sales parce qu'il manquait de lumière *2. H y a des degrés dans les dons du Saint-Esprit et aucun homme ne les possède tous. M. de Saint-Cyran, qui était très supérieur au P. Vincent comme intelligence, n'aurait pu se maintenir comme lui dans le conseil de conscience d'Anne d'Autriche^. Le monde pardonne beaucoup à ceux qu'il peut aisément tourner en ridicule et, si nous en croyons M™® de Motteville, cela arriva souvent au P. Vincent*. Il fut aussi fréquemment trompé par les ambitieux et les intrigants de la cour. Tant que vécut M. de Saint-Cyran, leur amitié à tous deux resta inébranlable, mais après la mort du savant abbé, le P. Vincent devait malheureusement se laisser mêler à des