‹ Les Amis oubliés de Port RoyalChapitre 84 sur 103 · Lettres de la Mère Angélique, loc. cit., t, I. p · texte numérisé non relu

Lettres de la Mère Angélique, loc. cit., t, I. p

« Que de bénédictions et consolations votre âme a i^eçues, de me savoir toute dénuée devant Dieu ! » Oh ! Jésus vous veuille continuer cette consolation, et à moi ce bonheur !

« ...Hélas! mon unique Père, il m'est venu aujourd'hui en la mémoire, qu'un jour vous me commandiez de me dépouiller; je répondis : « Je ne sais plus de quoi », et vous me dites : « Ne vous l'avais-je pas bien dit, ma fille, que je vous « dépouillerais de tout? » Oh Dieu ! qu'il est aisé de quitter ce qui est autour de nous ! mais quitter sa peau, sa chair, ses os et pénétrer dans l'intime de la moelle, qui est, ce me semble, ce que nous avons fait, c'est une chose grande, difficile et impossible, sinon à la grâce de Dieu *... »

M™* de Chantai ne pouvait être surprise de la perfection à laquelle M. de Saint-Cyran conduisait les âmes, et M. de Saint-Cyran n'avait plus rien à apprendre à celle qui avait si courageusement suivi la voie qu'il enseisi^nait, mais il pouvait encore la consoler et l'apaiser, et il le faisait par l'entremise de la Mère An^^élique, En même temps, il rassurait la Mère Ang-élique ellemême sur ce qu'elle appelait son indignité, sa vanité, ses légèretés. L'abbesse pouvait s'accuser, personne ne croyait plus à ses scrupules. En elle, les actes parlaient trop haut, et son cœur débordant de charité était un sûr garant de la pureté des mobiles qui la faisaient agir. M. de Saint-Cyran de sa prison, avait ainsi à les consoler toutes deux. Il écrivait à la Mère Angélique :

Du Bois de Vincennes, le 13 juin 1642. Ma Mère,

« Quand vous n'auriez point fait d'autre pénitence, que de supporter sans aigreur, ni esprit de vengeance, la dernière affliction que je partage avec vous, cela vous devrait mettre

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