Mémoires de Madeleine de Chaugy, loc. cit., p
3. Vie de la Vénérable Mère Jeanne-Françoise Frémyot, loc. cit., p., 364.
4. M. Gazier à qui je me suis adressé pour savoir si la bibliothèque janséniste de Paris possédait un exemplaire de la Vie de la bienheureuse Jeanne-Françoise Frémyot, par Maupas du Tour, m'a répondu ceci :
« Je nai pas la vie de M""' de Chantai par Maupas du Tour (j'ai « seulement celle de S. F. de Sales) mais cet ouvrage de 1644 ne « peut avoir aucune valeur historique, et à coup sûr il ne parle pas « de la Mère Angélique. »
Comme j'avais déjà en main un fragment de texte de cet auteur où il est parlé de la Mère Angélique, je n'ai tenu aucun compte de celte réponse et me suis procuré ailleurs cet ouvrage auquel j'attribuais, avec raison, une très grande valeur, de ce premier fait qu'il a été publié du vivant de la Mère Angélique, trois ans seulement après la mort de M"» de Chantai. Je nai pu retenir un sourire, en lisant, dans l'ouvrage que M. Gazier a fait paraître depuis, les lignes suivantes :
« Les relations de M"« de Chantai et de la Mère Angélique « n'avaient rien de mystérieux, et tout le monde les connaissaient « dès 1642. La preuve en est que le premier biographe de la sainte, o l'évèque du Puy, Cauchon de Maupas du Tour, prélat favorable « aux Jésuites, en a parlé très clairement en 1644, du vivant d'Ange-
« Au dernier voyage que la révérende Mère de Chantai lit à Paris, peu de temps avant sa mort, elle passa deux jours au monastère de Port-Royal, comme M^"" l'évêque du Puy l'a rapporté dans sa Vie, ne pouvant se lasser de l'entretenir de tout ce qui s'était passé entre Dieu et elle depuis sa dernière vue, et de se faire entretenir par elle de tout ce qu'elle savait qui s'était passé entre Dieu et son serviteur, feu monsieur l'abbé de Saint-Gyran, dont elle estimait d'autant plus la suffisance et la piété, qu'elle savait par les lumières et par les sentiments que Dieu lui avait donnés dans les prières qu'elle faisait sans cesse pour sa délivrance, qu'il était injustement persécuté. »
On comprend quelle douceur les deux grandes religieuses durent éprouver à se communiquer leurs pensées et à se trouver unies de sentiments relativement à M. de Saint-Gyran, comme elles l'avaient été vingt ans plus tôt avec l'évêque de Genève. Get entretien renouvela le désir qu'avait la vénérable M™® de Ghantal d'obtenir du saint abbé des consolations et des conseils écrits*. Elle savait, par la Mère Angélique, que M. de
» lique. » {Jeanne de Chantai et Angélique Arnauld. Paris, 1915, p. 41.)
Dans la même lettre dont je viens de parler, M. Gazier m'écrivait encore ceci :
« J'avais eu l'idée de faire un article de Revue intitulé Chantai et « Angélique ! J'y aurais mis en lumière la sainte amitié de ces « deux incomparables femmes, et le janséniste saint François de « Sales n'aurait pas été oublié. »
Après avoir pris connaissance de la première partie de mon ouvrage où la correspondance de saint François de Sales avec la Mère Angélique était donnée et commentée, avec des notes indiquant les sources et annonçant la correspondance à suivre de M™ de Chantai avec la Mère Angélique et M. de Saint-Cyran, l'article de Revue précité a été transformé en un livre publiant, pour la première fois, la correspondance complète de Jeanne de Chantai avec Angélique Arnauld et Sainl-Cyran.
1. « Combien a dû être doux pour sainte Chantai de revoir une dernière fois son Ame sous l'œil de son saint directeur, avant de
i'I^ SAINTE JEANNE DE CHANTAL
Saint-Cyran, avait fait précéHemmpnt un pptit recueil de senItMices de réciiliire à son iuteiilion, et que les feuillets eu ayant été é^al•és, il eu avait déduit que Dieu ne voulait pas qu'il intervînt auprès d'elle à ce momentlà. Celte extrême souplesse à se plier aux indications providentielles, qui a toujours été le signe distinctif des enfants de Dieu, fut aussi la caractéristique de Port- Royal, et c'était un lien de plus, entre eux, que ce sentiment qui fait les saints. Aussi M™* de Chantai se décida-t-elleà écrire elle-même au prisonnier :
Vive Jésus.
Monsieur,
« Dieu m'ayant donné la consolation de voir notre bonne et très chère Mère Ang-élique de Port-Royal, elle m'a dit. Monsieur, la charité que vous me faites de me recommander souvent à la divine miséricorde. Je supplie son infinie bonté d'en être votre éternelle récompense ; et vous, Monsieur, qui savez par cette bonne Mère une bonne partie de mes très grandes misères, faites-moi celte grâce de me dire par son entremise quelque bonne parole pour mon profit spirituel, si notre bon Dieu vous l'inspire ; et tandis que je vous souhaite le comble des grâces célestes et demeure en tout respect et de cœur, Monsieur, votre très humble fille et servante en Notre-Seigneur. Dieu soit béni *. »
Ce jour de saint Simon et saint Jude, 1641,
la présenter au Souverain Juge ! Mais quelle joie à saint Vincent de Paul de contempler cette humilité, cette simplicité, cette droiture ! et quelle diversion à ce spectacte d'habileté et de duplicité que lui présentait alors M. de Saint-Cyran, la Mère Angélique et tout le jansénisme nais;?ant (Ms"" Bougald, Histoire de sainl Vincent de Paul, t. 1, p. '^67.; ! »
Il est intéressant de comparer, une fois de plus, cette appréciation de Mgf Bougaud avec celle des auteurs du temps.