‹ Les amoureux de Madame SévignéChapitre 19 sur 28 · AU PERE RAPIN · texte numérisé non relu

AU PERE RAPIN

« Il a passé en ce pays un ami de Despréaux, qui a dit à une personne de qui je l'ai su, que Despréaux avait appris que je parlais avec mépris de son Epître au Roi sur la campagne de Hollande, et qu'il était résolu de s'en venger dans une pièce qu'il faisait. J'ai de la peine à croire qu'un homme comme lui soit assez fou pour perdre le respect qu'il me doit et pour s'exposer aux suites fâcheuses d'une pareille affaire ;

cependant, comme il peut être enflé du succès de ses satires impunies, qu'il pourrait bien savoir la différence qu'il y a de moi aux gens dont il a parlé, ou croire que mon absence donne lieu de tout entreprendre, j'ai vu qu'il était de la prudence d'un homme sage d'essayer à détourner les choses qui lui pourraient donner du chagrin et les porter à des extrémités. « Je vous avouerai donc, M. R. P., que vous me ferez plaisir de m'épargner la peine des violences à quoi pareille insolence me pousserait infailliblement; j'ai toujours fort estimé l'action de Tardes, qui, sachant qu'un homme comme Despréaux avait écrit quelque chose contre lui, lui fit couper le nez ; je suis aussi fin que Yardes et ma disgrâce m'a rendu plus sensible que je ne serais, si j'étais à la tète de la cavalerie légère de France. »

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