‹ Les amoureux de Madame SévignéChapitre 3 sur 28 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

les paralytiques, il n'y aurait plus en ce monde ni voyages ni voyageurs. L'histoire, à quelque point de vue qu'on se place pour l'écrire, ressemble toujours à un voyage du Présent dans le désert du Passé. C'est le Présent qui, de son souffle de vie, repeuple et ranime le désert.

J'ai donc voyagé au xvif siècle, et j'ai tâché d'y pénétrer en homme vivant ; ce qui ne veut pas dire que, pour apprécier cette époque, je me sois condamné à ne la voir qu'avec nos petites lorgnettes de spectacle.

Notre siècle est fier de son jugement : il est peut-être encore plus fier de ses œuvres. Gardons-nous bien de lui déclarer sottement la guerre ; nous ne serions que des Alcestes sans rubans verts. Mais, d'un autre coté, gardons-nous bien aussi de le contempler sans cesse avec le sourire enchanté des Philintes. Qu'il nous soit permis, tout en l'aimant, de lui signaler comme des erreurs quelques-unes de ses plus chères et de ses plus tenaces prétentions. Parce qu'il a tour à tour conquis et perdu le droit de libre examen, il s'imagine parfois qu'il a glorieusement tiré de la poussière humaine assez d'individualités pour regarder avec mépris les siècles précédents. Qu'entendons-nous donc aujourd'hui par

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