SUR UN BOUQUET DE FLEURS, AUPRES DE CLARINTE, DANS LE LIT
Près d'elle, sur son lit, un bouquet j'aperçus. Que d'envie aussitôt contre lui je conçus ! « O fleurs ! au prix de moi, que vous êtes heureuses ! » En soupirant leur dis-je ; et lors, me reprenant,
Je dis incontinent :
« Mais pour n'être amoureuses,
Belles l'ieurs, je vous croi
!Moins heureuses que moi. »
Puis soudain, au rebours, repensant en moi-même Que je n'ai point de mal, sinon parce que j'aime: « Je te dis, ô bouquet î mille fois plus heureux,
N'étant point amoureux. »
Amintor, ayant lu ces premiers vers, s'arrêta pour considérer la lettre, et, après y avoir quelque temps songé :
264 UN ÉPISODE DE l'aSTRÉE
— « Eh bien ! lui dit Clarinte, qu'en pensezvous ? ))
— « Jusqu'ici, répondit-il, je n'y vois rien qui me fasse changer d'opinion, sinon l'écriture qui, véritablement, n'est pas de celui que je pensais. Mais, peut-être, l'a-t-il fait exprès, pour en ôter la connaissance à ceux qui la verraient. »
— « Je connais bien, ajouta Clarinte, que vous vous trompez. Mais continuez de lire les autres, et peut-être vous en donneront-ils plus de connaissance, ou vous mettront entièrement hors de l'opinion où vous êtes. ))
Lors Amintor continua de cette sorte :
SONNET