‹ Les amours d'un poète; documents inédits sur Victor HugoChapitre 116 sur 131 · I. Inédit · texte numérisé non relu

I. Inédit

J,ES AMOURS d'uIN POKTE 34i

rueSaint-Anaslase où ils s'étaient aimés trente ans avant! Malheureusement, en quittant la pauvre et chère petite maison où elle avait vécu pendant huit ans, Juliette s'éloignait de son ami et perdait le « petit coin d'horizon, où son cœur plongeait jour et nuit ». Elle pensait avec une tristesse inquiète au proverbe : loin des yeux, loin du cœur et elle se demandait, la mort dans l'àme, ce que vaudrait pour elle la plus belle chambre si elle était vide d'amour. Une longue absence de Madame Victor Hugo, qui dura presque toute l'année 1864, vint à point pour rassurer ses craintes. Elle passa son temps entre Hauteville-House, où elle jouait, discrètement d'ailleurs, le rôle d'intendante, et Hauteidlle- Féerie^ sa nouvelle habitation, où elle se résignait à inviter des proscrits, dont tous ne faisaient pas par la distinction de leur éducation et par la délicatesse de leurs manières le même honneur à sa généreuse hospitalité*.

Chaque année, à l'occasion de la Noël, Victor Hugo réunissait chez lui à dîner des enfants pauvres de l'île, auxquels il distribuait des jouets et des vêtements. Madame Victor

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