‹ Les amours d'un poète; documents inédits sur Victor HugoChapitre 27 sur 131 · Inédit · texte numérisé non relu

Inédit

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Quoiqu'ollr ne soit piisdaU'c, il est impossible (le ne pas \ xoii- une réponse à l'article d'Alphonse Rarr. L n passage la date : « Si les gens sont sincères, il importe qu'ils sentent l)ien qu'on ne trouve nulle haitie (le mot est souligné dans la lettre) là où ils en voient — )> Cl'est une réplique précise et directe à l'accusation des Guêpes : « Ce livre de haine est appelé par l'auteur LU've d'Amour ». Ce livre, Madame Victor Hugo l'aNail lu, et elle l'avait lu en entier. Comment Sainte-Beuve aurait-il eu l'impudence de lui dire, et de lui faire dire, qu'elle le connaissait si elle n'avait pas connu « tout ce qui était là dedans » ? Comment aurait-il osé faire allusion aux rapprochements et aux arrangements qui avaient eu lieu depuis un an s'ils ne s'étaient, elle et lui, rapprochés et arrangés? Seulement, elle n'avait voulu qu'une « consécration à distance )), pour des temps très éloignés,

A l'heure inévitable où rouleront sur nous La tempête funèbre et le gouffre jaloux.

Elle était étonnée et irritée parce que le livre, destiné à l'avenir, avait été distribué, répandu, discuté. Elle souffrait, depuis l'article d'Alphonse Rarr, un ami plus généreux qu'adroit,

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et cette irritation avait son côté fâcheux dont Sainte-Beuve liiisignalail avec énergieles périls, qu'il fallait éviter, à moins de courir au scandale et à l'ahîme. Le bon apôtre, dont le cynisme, la fatuité et la vanité avaient fait tout le mal, se défendait de dicter des sentiments ou des paroles, mais il n'en donuait pas moins des conseils, qui s'achevaient, dans la dernière partie de la lettre, sur un reproche singulièrement révélateur. Quand on parle sur ce ton à une femme des égards et des garanties qu'il faut, par prudence, donner au passé, je veux bien admettre qu'on n'agit pas en galant homme, mais quels gages d'amour ne faut-il pas avoir reçus pour tenir un semblable langage?...

Cette lettre démontre par son allure cérémonieuse la froideur, sinon la rupture, des relations de Madame Victor Hugo avec Sainte- Beuve depuis plusieurs années. Fut-elle l'occasion de leur reprise? Je ne sais, mais en 1848, au moment de l'insurrection de Juin, Sainte- Beuve s'informa avec une sollicitude toute particulière de la santé de la famille, enfermée place Royale par l'émeute, tandis que Victor Hugo abordait courageusement les barricades pour haranguer et apaiser les insurgés. Quel-

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((lies mois après, Sainte-Beu\c fui nommé proresscur de l'L niversité de Licite, oîi il resta un au. Sa nomination donna lieu à des protestalions et à des incidents dont le Lwre cV Amour fut en partie le prétexte. Sainte-Beuve avait eu des démêlés littéraires avec le critique belge Aliehiels qui, dans une brochure intitulée /es Xoi/ve/les Fourberies de Scapin, l'avait attaqué sans ménagement et avait reproduit, en le nommant, l'article des Guêpes où Sainle- Beuve était désigné sans être nommé. Micliiels, dénonçant les vengeances sournoises et les perfidies atroces dont il jugeait son confrère capable, disait crûment : « S'il cherche à perpétuer le déshonneur d'une femme pour la punir de lui avoir donné un moment la préférence sur un homme bien préférable, quels moyens n'emploierait-il pas contre un adversaire qui l'a démasqué! >y La Revue de Belgique^ emboîtant le pas à Michiels, concluait à son tour que le Livre dWmour rendait Sainte- Beuve indigne de succéder à 31. Lesbroussart 1 « Ce torrent d'injures et d'insultes » ne manqua pas d'afïecter Sainte-Beuve, qui en souffrit cruellement, de son propre aveu, « dans sa fierté d'honnête homme' ». L'incident fut sans

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