I. Inédit
maîtresse du prince DemidolF, dont la fortune peut se prêter à ses besoins et à ses goûts. L'est-elle déjà quand Victor Hugo est fasciné par sa rencontre, dans un bal d'artistes, en mai i832? \ en juger par le luxe dont elle est parée, il faut le croire, car ni Pradier ni Séchan, ni Alphonse Karr, même réunis, n'auraient pu en faire les frais. Cette apparition éblouissante met le feu dans l'àme du poète, qui l'a racontée plus tard dans des vers de grâce et de flamme :
... Fraîche el belle, Dans un lieu radieux qui rayonnait moins qu'elle, Ses cheveux pétillaient de mille diamants
Blauclie avec dusyeux nous, juiuic, grande, éclatante, Tout en elle était feu qui brille, ardeur qui rit*...
Timide, chaste, fidèle à sa femme, mis en garde contre les actrices par une sorte de méfiance instinctive et par les souvenirs que lui ont laissés les répétitions de Hernani^ Victor Hugo s'éloigne de l'apparition brûlante. Mais est-on, même avec du génie, maître de sa destinée? Le poète n'échappa que peu de temps à la femme de théâtre. Neuf mois après