‹ Les amours d'un poète; documents inédits sur Victor HugoChapitre 60 sur 131 · Guimbaud, op. cit · texte numérisé non relu

Guimbaud, op. cit

198 LES AMOLRS d'uJ\ POÈTE

une journée de brume et d'orage, nous venons d'avoir un beau jour. Le ciel et la mer., tristes et gris pendant notre séparation., se sont faits bleus et sereins pour te sourire avec moi. Belle âme., Dieu t'aime!

Ici notre union s'est scellée dans une promesse solennelle. Ici nos deux vies se sont soudées à jamais. Souvenons-nous toujours de ce que nous nous devons désormais Van à Vautre. Ce que tu me dois, je l'ignore; mais ce que je te dois, je le sais, c'est le bonheur.

J'écris ceci pendant le crépuscule de ce beau jour. Pour notre amour, Juliette., il ny aura pas de crépuscule^ !

Une heure après avoir écrit ces lignes dans lesquelles il associait à jamais sa destinée à celle de sa maîtresse, Victor Hugo envoyait à sa femme, installée aux Roches, une lettre dans laquelle il lui disait : « Toutes mes journées, maintenant, mon Adèle, vont être prises jusqu'à la dernière minute — Je ne pourrai peutêtre plus t'écrire aussi souvent. Songe que je pense à toi et à vous tous. » Faut-il plaider au profit de cette attitude, moralement répréhen-

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