‹ Les amours d'un poète; documents inédits sur Victor HugoChapitre 64 sur 131 · I. Inédit · texte numérisé non relu

I. Inédit

2o6 LES AMOURS d'uN POÈTE

Pourquoi donc ce chagrin, ces larmes, ce désespoir ? Le secret, à demi violé, s'en trouve dans une de ses lettres où, en proie au délire de la fièvre, elle suppliait la pitié de son ami de mettre fin à ses tourments. « Vois-tu, mon Victor, cette vie d'isolement, cette vie sédentaire me tue. J'use mon âme à te désirer, j'use ma vie dans une chambre de douze pieds carrés. Ce que je veux, ce n'est ni le monde ni de stupides plaisirs, mais la liberté^ la liberté d'agir, la liberté d'occuper mon temps et mes forces aux soins de la maison ; ce que je veux, c'est de ne plus souffrir, car je souffre mille morts par minute, je te demande la vie, la vie comme loi^ comme tout le monde enfin*.... » Ce cri douloureux d'une ame blessée en révèle le fond humilié et meurtri. Il est une protestation contre ce que M. Guimbaud a appelé la claustration amoureuse de Juliette. Riche des milliers de lettres qu'elle a écrites, il a dépeint sa vie cloîtrée, humble et monotone, dans un des chapitres les plus nouveaux et les plus curieux de son livre, désormais indispensable à qui voudra pénétrer tous les mystères de ce drame d'amour. J'en résume les traits essentiels.

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