I. Inédit
248 Lt:s AMOLiis d'liN poète
yeux et son crayon jette les vers suivants, que son œuvre n'a pas encore recueillis :
Mer pareille à la destinée!
Mer triste au chant mystérieux !
Dis-nous quelle force obstinée, Quel \'ent de la terre ou des cieux Sur tes bords que ta vague broie, Te prends te jette et te renvoie Et te précipite toujours, Et par moments joyeux ou somb/es Peint de rayons ou couvre d'ombres Tes flots mêlés comme nos jours^ !
Le i6, une tempête se déclare, il fait un vent affreux, c'est un furieux et magnifique spectacle, nouveau pour lui, que Victor Hugo ne veut pas perdre, et il se rend à Saint- Valëry-en-Caux pour en mieux jouir. L'album recueille son impression. C'est la pièce, ici sans titre, qui passera dans les Voix Intérieures : Une nuit qu'on entendait la mer sans la voir. Cette évocation puissante est suivie d'un quatrain où la muse se détend et se déride :
— Moi, malade! Ah, bon Dieu! quelle calamité! Oh! c^ue j'aime bien mieux le vin et la santé!