‹ Les amours d'un poète (volume 2)Chapitre 48 sur 74 · Inédit · texte numérisé non relu

Inédit

LES AMOURS d'i\ POÈTE 263

n'interviendrait que comme copiste des manuscrits où ils trouveraient leur réalisation. Mais peut-être n'aurait-il pas doté sans elle la langue française de quelques-unes des effusions lyriques qui en font la gloire. Je m'étonne de pouvoir ajouter à cette richesse. Et pourtant n'y a-t-il pas un nouveau chefd'œuvre, jusqu'ici inconnu, dans ces trois stances que Victor Hugo adressait le Ier janvier 1842 à Juliette, dont les papiers intimes en avaient, comme pour tant d'autres, gardé le secret?

Janvier est revenu. — Ne crains rien, noble femme ! Ou importe Van qui passe et ceux qui passeront! Mon amour toujours jeune est en fleur dans mon âme; Ta beauté toujours jeune est en fleur sur ton front.

Sois toujours grave et douce, à toi que j'idolâtre ; Que ton humble auréole éblouisse les yeux! Comme on verse un lait pur dans un vase d'albâtre, Emplis de dignité ton cœur religieux.

Brave le temps qui fuit. Ta beauté te protège, llravc V hiver! Bientôt Mai sera de retour. Dieu, pour effacer F âge et pour fondre la neige, Nous rendra le printemps et nous laisse V amour1.

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