‹ Les amours d'un poète (volume 2)Chapitre 53 sur 74 · juillet. "Wack, op. cit., 159-161. •2. Inédit · texte numérisé non relu

juillet. "Wack, op. cit., 159-161. •2. Inédit

Aussi revenait-elle à ce qu'elle appelait pittoresquement le pince-homme. « J'y reviens, mon bien-aimé, avec cet acharnement que donne la confiance de l'amour partagé. J'y reviens sans rancune du passé, sans inquiétude de l'avenir. J'y reviens avec toute la douce et tendre cohorte de mes illusions. J'y reviens de toutes mes forces et de toute mon âme; aussi gare à toi! Je ne te parlerai plus jamais de ce que j'ai souffert, mais je me souviendrai toute l'éternité de ta bonté ineffable et de ta divine mansuétude. Je ne vois plus ta faute, je ne sens que ton amour. Je ne veux pas regarder si je suis mutilée dans ton cœur, mais je te sais bien entier, bien vivant, bien beau, bien grand et bien sublime dans le mien. J'ignore si mon bonheur reprendra jamais sa première forme, mais je suis sûre de n'avoir jamais d'autre croyance, (l'autre Dieu que toi! Tous les désespoirs qui ont secoué ma vie depuis un mois n'ont pu en faire tomber ce merveilleux fruit d'amour, grossi et mûri de toute la sève de mon admiration et de mon adoration pour toi depuis bientôt dix-neuf ans. Je sens ses racines plus profondes et plus vivaces que jamais au centre de mon cœur, et mes larmes même, loin de lui nuire, les ont vi-

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vifiées de nouveau comme une eau salutaire ' »

Même rassurée, raffermie et confiante, elle ne se dissimulait pas et elle avouait à Victor Hugo qu'elle aurait, avant l'expiration des épreuves, de nouvelles crises et des rechutes, mais elle prenait la résolution de leur résister avec toutes ses forces et avec toute sa raison. Il faut reconnaître que son amant l'y aidait et ne négligeait aucune occasion ou aucune atlention pour racheter et faire oublier sa faute.

L'amour romantique s'abandonnait à d'étranges confusions dont il arrive que notre délicatesse s'étonne et souffre. Léopoldine Hugo, noyée à Villequier en 1 843, et Claire, la lille de Juliette, morte en 1846, servaient de témoins imprévus aux serments de fidélité que leurs parents échangeaient. C'étaient les « anges gardiens » de leur amour! Juliette, qui leur demandait de « graves et célestes conseils », leur faisait la « sainte promesse » de vivre ou de mourir pour le bonheur de son « cher adoré ». Victor Hugo ne Tavait-il pas conduite au cimetière de Saint-Mandé, en

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