‹ Les amours de Faublas balletpantomime en trois actes et quatre tableaux de MM.... et Leon (volume 2)Chapitre 21 sur 33 · LE MAGASIN THEATRAL · texte numérisé non relu

LE MAGASIN THEATRAL

* « Cette fois ce n’est pas moi dit AI. de Li- »gnolle.»Lamarquiseest au désespoir: madame de Lignollc rit aux éclats. — • C'est » dans cette armoire qu’on éternue ainsi.

» dit le baron. — Dans cettte armoire ?

» réplique le marquis de B. Il y a donc » quelqu’un de caché? — Je ne sais pas ■> monsieur , répond la marquise. — » A'oyons ! Monsieur ! monsieur ! dit * madame de B. en suppliant. — Alala- » droit ! » ajoute madame de Lignollc en faisant signe au marquis de se tenir tranquille. — «Je veux voir, reprend » celui-ci. » Il ouvre la porte , Faublas sort : mouvement général. — « Oh ! oh !

» dit le marquis , je vous croyais loin, » mademoiselle. Comment se fait-il que » vous vous trouviez dans une armoire ?

|| — Monsieur. .. dit Faublas avec le plus >• grand embarras. — Répondez, s’écrie » le baron hors de lui. — Je vous ai en- " tendu venir mon père, la peur m’a pris.

■ et je me suis fourré où j’ai pu. » — Le baron, qui ne se connaît plus, a levé la canne sur son fils. Le marquis a fait un mouvement pour le retenir: la marquise s’est jetée au devant de Faublasjmonsieur de Lignolle est sorti de sa rêverie. Tout le monde est consterné ou suppliant ; madame de Lignollc seule vient sc placer devant le baron en croisant ses bras: ■ — » Ah! ça, monsieur, lui dit-elle, aurez- » vous bientôt fini ? est-ce que vous » croyez que nous allons vous laisser » faire; cl souffrir que vous traitiez cet » enfant comme on mène un soldat aux » gardes, à coups de canne? fi ! vous de- » vricz rougir de n’avoir pas plus d’em- » pire sur vous à votre âge! » Et là dessus, elle fait au baron une scène affreuse; puis se tournant vers son mari:

— « Comment? monsieur, t vous êtes » homme et vous souffrez cela? mais » parlez donc aussi: vous restez-Ià immo- •• bile, comme un terme. — Au fait, dit » Monsieur de Lignollc au baron, vous » êtes un peu vif, monsieur. Un revers » de main une fois par hasard, â la bonne

« heure mais employer la canne ,

» avec, une demoiselle !. . — Laissez -moi » donc tranquille : cette demoiselle » c’est. . » Le baron va tout dire, mais la marquise s’est approchée de lui : « — Par » pitié, monsieur! pour moi! pour mon » mari ! » L’air suppliant de la mar-

quise a éclairé le père :« Vous avez raison, « madame... je me tairai, soyez tran-

• quille. » — Eh ! bien? » cette demoiselle?... » demande avec curiosité le marquis de B. que le sens suspendu de tout-àl’heure intrigue un peu. Pendant que le baron répond des choses vagues au marquis qui l’écoute sans y rien comprendre, et qu’il s’en tire comme il peut, la marquise suit l’entretien avec l’anxiété d’une femme qui craint A chaque instant que la vérité ne se découvre , Rosambert comme quelqu’un qui veut éviter un éclat. De l’autre côté, madame de Lignolle a emmené Faublas dans un coin. Son mari est avec elle. — « Pauvre petite!

•> dit madame de Lignolle A Faublas.

• que je vous plains d’avoir un pareil » père ! c’est un monstre ! mais soyez » tranquille , je vous protégerai. On » ne vous maltraitera pas devant moi, « n’est-ce pas, monsieur de Lignollc ?•*— » non , certainement, répond celui-ci.—- » Mais, monsieur, j’y songe ! il est capa-

• blc de la battre quand nous ue serons

• plus là. — C’est vrai, répond le mari. — ■ » Il faut la sauver. — Il le faut. — Tout » de suite. — Tout de suite. — Restez » ici.. . rctencz-les. . . » Puis à Faublas : « venez , sauvons-nous! — Comment?

» — Avec moi vile. . . — Mais. . . je ne » sais. .. — Il vous tuerait, mon enfant !

« — Allez! allez! » leur dit monsieur de Lignolle et ils s’csquiveul rapidement.

« Ala foi ! je ne comprends rien à ce que » vous me dites, répond enfin le marquis i de B- au baron. Plus je vous écoute.

» moins je peux m’expliquer.... Eh!

• bien! où est donc votre fille? — Où esl- » elle, dit le baron? — Où est-elle, dit la » marquise? — Chut! répond monsieur » de Lignolle d’un air mystérieux . . . Ne « vous inquiétez pas! attendez ! un peu » de patience. » (On entend partir une voiture.) « Elle s’est sauvée. — Comment,.

« — avec ma femme. » — Le baron hors de lui , veut courir après. Rosambert le retient et le calme. La marquise ne peut contenir un mouvement de rage et de jalousie. Le marquis de B. voit avec peine s’éloigner de sa maison une si gentille personne. — « Elle sera à merveille. chez moi! » se dit Al. de Lignolle en se frottant les mains. La toile tombe.

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