SCÈNE VI
Le Baron de FAUBLAS, précédé d'un Domestique . qui tort dit qu'il a vu madame de Lignollc, et qu'il a annonce le
DE FAUELAS. 13
Baron. Madame de LIGNOLLE , La
Marquise de B.
Madame de Lignollc courant au baron et avec le plus grand désordre: «Monsieur!
» monsieur! vous ne me tromperez pas , » vous! vous voyez mon désespoir et vous » en aurez pitié. Est-il vrai qu’il l’aime? » dites-le moi. Ne me cachez rien. — Je » ne vous comprends pas, madame. — La » jeune fille dont on m’a remis le por- » trait... Est-il vrai qu’il doive l’èpou- » ter? — Cela est vrai, madame. — Oh!
» vous voulez me tuer aussi! . . Plus de
» doute tout est donc fini , mon Dieu !
» madame. . . — Ah! c’est que je l’aimais,
• voyez-vous! je l’aimais A lui sacrifierma » vie; c’était une passion, un délire, un » culte. Je croyais en lui comme en » Dieu. Et il me trompait, moi, si con- » liante! il me trompait pour une femme..
» qui ne l’aimera jamais autant que moi..
» Non , monsieur , jamais. . . Cela n’est » pas possible ... Oh ! oh ! mon Dieu I » mon Dieu!. . . (et elle se jette dans les » bras du baron en sanglotant. ) — Au » nom du ciel , calmez-vous madame.
> votre situation me désespère et je vou- » draisy trouver un remède. — Il n’y en » a plus monsieur, répond madame de » Lignollc en secouant tristement la tête.
» — Eh! bien? vous avais-je abusée? lui dit » la marquise de B. — Eh! bien! vous voyez » que je sais me résigner, répond madame » de Lignollc, en s’efforçant de paraître » tranquille; jesuis calme, .j’ai encore plus
» de force que vous ne l’espériez. . Ce
» courage vous est nécessaire en ce mo- » ment car voici le chevalier de Faublas » • — Lui!! . . monsieur le baron , j’ai une « grAcc A vous demander ; c’est la der- » mère. L’aveu de son amour , de ce » mariage que je l’entende de sa bou- » chc . . Oh! pirdon. . j’ai besoin de » celte dernière preuve pour qu’il ne me » reste plus rien dans le cœur. — Je ne » sais si je dois. . . — Vous aviez pitié de » mon désespoir tout-A-l’heure. . A ge- » noux, je vous en conjure A genoux, ne » me refusez pas !.. LA . . je serai IA . .
n j’entendrai tout. . Un mot, rien qu’un » mot. .il me suffira. . le voici!. . . n’est- » ce pas ? n’est-ce pas que vous m’exau-
• cez ? » Elle disparaît derrière des arbres. . La marquise de B., se dérobe aussi A la vue de Faublas. Le chevalier parait.
LE MAGASIN tbéawal.