PREFACE. VII
Pour M. Capefigue, je n'en dirai qu'an mot : c'est qu'il a fait une brune de Gabrielle, qui était une blonde. Ces choses-là suffisent pour couler un livre.
Voilà qui n'est pas mal commencé, et notre Préface a satisfait à cette première règle du genre, qui veut qu'on éreinte, d'abord quelques confrères. Nos devanciers ne nous reprocheront pas d'avoir fait leur éloge. C'est déjà quelque chose.
Ce léger tribut payé à l'usage, et notre importance grandissant de ces quelques immolations préliminaires, il ne serait pourtant pas mauvais de tirer de la poche notre petit système. Car nous avons aussi le nôtre, le meilleur de tous, cela va sans dire. Enfourchons donc un peu notre dada, et faisons-lui faire le tour du cirque, ne fût-ce que pour le dégourdir un peu.
Et, pour commencer par une définition, de peur de ne pas pouvoir finir par là, ce livre appartient à cette école que d'Argenson appelle quelque part « des historiens minutistes . » L'ensemble parle détail, les grands effets par les petites causes, l'homme par la femme : voilà la triple devise que nous pourrions inscrire en tète de notre profession de foi, si nous en faisions une, ce qui est toujours dangereux.
Il y a eu trois phases, trois manières, clans l'art d'écrire l'histoire. Avant Augustin Thierry, nous avons eu l'histoire officielle, les avènements, les mariages, les batailles, les sièges, les fêtes, les digestions. Après Augustin Thierry, on s'est préoccupé exclusivement de l'orthographe des noms, du sort des classes laborieuses, et des origines de la démocratie. On a jeté le peuple