VIII PREFACE
sur la scène, à ce point qu'il Ta envahie tout entière. Messieurs, Messieurs, je ne vois plus le roi ! L'affranchissement des communes, les convocations d'États- Généraux, ont absorbé les préoccupations de tous nos écrivains. Et cela, jusqu'à des erreurs grossières mais comiques, une table brisée, par exemple, prise pour une charte déchirée, ou bien Pierre Marcel, précurseur de 1789, et ]e gouvernement des classes moyennes clans la moindre motion d'un député de ville en 1614. Depuis quelques années, un troisième groupe s'est levé d'historiens sans prétention, qui ont laissé là la baguette du maître des cérémonies ou la sonnette du prédicant parlementaire, pour prendre la petite lanterne sourde, à la flamme ironique et discrète. Ils sont allés juste où les autres n'allaient pas, ceux-ci par respect de la majesté royale, ceux-là par souci de la dignité humaine. Eh ! mon Dieu, oui, au tas d'ordures de l'ancien régime, amoncelé par les balayeurs révolutionnaires. Il y a des perles souvent dans ce fumier. Malherbe disait que les crocheteurs du Port au Foin parlaient seuls la belle langue française. On pourrait dire de tous ces médisants, de tous ces sceptiques, de tous ces cyniques, qui ont nom d'Aubigné, l'Estoille, Brantôme, Tallemant des Réaux, Bussy-Rabutin, Mathieu Marais, Bachaumont (je ne parle que des meilleurs), qu'ils nous ont souvent donné, sans le savoir, la véritable histoire. Ceux-là ne sont ni les juges, ni les avocats, au grand procès de la vérité historique. Ce sont les témoins. A eux, nous devons le revers indispensable de la médaille, le déshabillé des grands hommes, les