‹ Les amours de Henry IVChapitre 5 sur 30 · PUE F A CE · texte numérisé non relu

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disent, par exemple, sans hésiter : Henri IV eut cinquante-six maîtresses, sans compter celles quil neut pas, crut avoir, voulut avoir, ne put avoir, etc. Certes, le chiffre est raisonnable, et un financier s'en contenterait. Mais une de ces maîtresses fut la gloire, et une autre la France. C'est le premier roi quia cru à la patrie. Il aima Gabrielle. Ceci est d'un homme, tant pis. Mais il lui préféra Sully. Ceci est d'un roi, tant mieux. Qu'on ne s'y trompe pas. Cette école-là n'a pas que des l'Estoille ou des Bussy. Il est permis, sans être taxé d'exagération, à la façon de La Lande qui mettait saint Augustin et Bossuet parmi les athées, d'y placer ce Pascal qui a dit qu'il avait suffi du nez de Cléopâtrè ou d'une petite pierre dans la vessie de Cromwell pour changer la face du monde. Il s'est trompé sur Cromwell, qui, à ce qu'il paraît, n'est pas mort de la gravelle. Mais il ne s'est pas trompé sur le nez de Cleopâtre. Il est de cette école aussi, ce juge d'instruction qui ouvrait imperturbablement ses interrogatoires par cette question sacramentelle : « Oh est la femme? »

Oh est la femme ! Voilà la formule évocatrice de la vérité elle-même, quand il s'agit de ne se point tromper sur les événements ou sur les caractères. Certes, je ne me donnerai pas le ridicule de parler en cette affaire sur le ton d'un chauvinisme galant. Je me bornerai à dire ceci : c'est que, si le monde est un théâtre, l'histoire une comédie, si les hommes sont des marionnettes, ce sont les femmes qui, dans la coulisse, en agitent les fils. L'homme est, de sa nature, un pantin. C'est cette imperceptible ficelle que je me suis donné la mission

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