PREFACE. XI
de suivre en histoire. Cette ficelle est une idée, dirait M. Joseph Prudhomme, et il aurait ridiculement raison. Oui, c'est une idée, idée simple, vulgaire même et à cause de cela méprisée, ancienne et à cause de cela nouvelle, une idée prodigieusement féconde, une idée de valet de chambre et de philosophe, que celle-là, qui a constamment provoqué, inspiré, protégé nos études et nos découvertes : l'influence réciproque des femmes sur les événements et des événements sur les femmes.
C'est de cette idée, échauffée encore par la lecture assidue des chroniqueurs connus, et la publication de quelques-uns qui ne l'étaient pas, que sont sortis successivement, Les Maîtresses du Régent, les Confessions de Vabbesse de Ckelles et la Vraie Marie- Antoinette ellemême, qui n'est pas autre chose que l'étude (demeurée encore à l'état d'ébauche, en attendant certaines publications ou communications indispensables au tableau définitif), que l'étude, dis-je, du rôle et de l'influence de laReine dans sa famille et dans la Révolution.
C'est de cette idée, magna parens, que vont tomber successivement, chaque année, à l'heure où les fruits mûrs quittent la branche, V Amour sous la Terreur, les Femmes philosophes, etc.. et bien d'autres dont je garde les titres et le dessein, laborieuse conquête de mes méditations, mais qui porteront sur un autre côté du sujet, et chercheront à pénétrer le charmant mystère de l'influence de la femme, non plus sur les événements, mais sur les génies. Maîtresses de roi, Muses de poëte, tout cela se tient et se donne la main, dans ce chœur idéal des femmes initiatrices.