XII PREFACE
C'est de cette idée enfin que sortent les Amours de Henri IV, application de ma méthode à la figure la plus française et la plus populaire de la monarchie.
C'est cette idée si excellente, que M. Capefigue luimême n'a pu la gâter, qu'exprimait Bayle quand il écrivait, le 7 mars 1697, à Mathieu Marais lui-même, si je ne me trompe, les lignes suivantes :
a Des relations historiques, et sans intrigues faites à « plaisir, de la vie des maîtresses des princes par toute « l'Europe, anciennes et modernes, seraient un trèsce bon ouvrage (1). »
Et maintenant, parlons un peu de Henri IV et répondons à quelques objections. A quelques-uns, les grandes choses par lui faites, à quelques autres, le nombre de ses maîtresses, ont fait illusion, et Henri IV leur a paru trop habile ou trop paillard pour mériter d'être placé parmi les rois vraiment galants, vraiment gouvernés par les femmes.
Aux premiers, à ceux qui prétendent garantir Henri IV, au nom de ses qualités, des honneurs suspects de ma galerie, je répondrai que, s'il a fait de grandes et d'excellentes choses, il en a fait aussi de mauvaises, et que l'on peut placer hardiment une femme derrière chaque sottise du Béarnais. Pour ne regarder que les deux extrémités de son histoire, la Guerre des Amoureux en 1580, et, quand il mourut, la guerre qu'il allait faire en grande partie pour les beaux yeux de la princesse de Condé, sont d'assez beaux monuments de cette folie à
(1) Bayle. Lettres, t. II, p. 546