XIV PREFACE
royauté, du liera conjugal lui-même. Folie qui eût tout compromis, tout perdu peut-être. Folie enfin qu'un ennemi seul put jamais conseiller à Henri IV. Certes, je ne me défends pas d'un certain faible pour Gabrielle. Elle a ce qui manque à la fraîche et rude Corisande, à Henriette d'Entragues, la souple et fine commère, le charme. Mais je l'aime mieux morte que reine, et quand je pense aux conséquences possibles d'une telle faute, je suis prêt à me réjouir d'une disparition précoce, mais nécessaire, et que le pape Clément VIII eut raison d'appeler a providentielle (1). »
A partir de Henriette d'Entragues, le pouvoir des maîtresses devient néfaste. Nous avons montré, à l'article qui la concerne, ce que peut coûter d'argent une femme qui se vend, et ce que peut donner de soucis une promesse de mariage imprudemment offerte en cadeau du matin.
Il est donc impossible de méconnaître les droits de Henri IV à figurer, et en première ligne, dans la galerie des rois plus d'une fois aveuglés par l'amour. Il suffirait d'ouvrir l'histoire de son règne, pour trouver, à quelque page que ce soit, une marque de ce tribut payé aux infirmités humaines. Les historiens les plus littéraires, les plus indirects (2), ont été frappés de cette influence des femmes, qui est comme le génie particulier de ce règne, ce L'amour, écrit-il à Elisabeth, le 26 octo-
(1) Dupleix, t. V, p. 2G2.
(2) Henri IV écrivain, par Eug. Yung, 1855, p. 16G et suiv. Nous ne saurions trop louer cette ingénieuse et charmante étude d'un érudit qui ne s'est pas défendu l'esprit.