LA HALTE AVANT LE DESERT
En arrivant à Rouen, Jacques trouva une longue lettre d'Emile, et une lettre triste.
Jacques avait été par eux initié à leurs affaires, mais le détail de leur misère lui revenant sur ce froid papier, en huit pages compactes et serrées, lui fut d'autant plus sensible qu'il Goïncidait avec ses épreuves et ses difficultés personnelles. Dans cette lettre, il trouva aussi une petite médaille en argent attachée à un peti t lacet de soie. En posh scriptum Caroline le priait d'accepter cette médaille comme un bon souvenir et un gage de leur futur retrouvement.
Ce fut seulement à Paris que Jacques put répondre à cette lettre :
« Je rentre d'une longue promenade aux Tuileries et au Luxembourg pour t'écrire et causer enfin quelques minutes avec toi. »
Il y avait là une sorte de cruauté dont beaucoup de nouveaux arrivants comme Jacques se sont rendus cou-
pables. Pourquoi dire si nettement à ces pauvres diables, qui, retenus . dans leur ville de province, y végétaient misérablement sans espérance d'en sortir : Je suis à Paris, moi ; et afin que vous n'en doutiez pas, comme si le timbre de la poste n'était pas suffisant, je m'en vais au commencement, au milieu et à la fin de ma lettre vous accabler de détails authentiques et de preuves irrécusables.
Jacques remplit ainsi ses huit pages, d'abord avec ses impressions, avec quelques renseignements sur sa situation, puis à la fin il en vint à toucher la corde du sentiment, et il le fit avec une effusion qui n'excluait pas la finesse. Après avoir longuement assuré qu'il n'avait rien oublié ni personne, et que les circonstances seules étaient coupables, il continua ainsi :
« J'ai beaucoup pensé à toi, Emile, beaucoup à vous deux, et j'y ai surtout pensé dans mes dernières promenades; vous me manquiez singulièrement. C'est une mauvaise chose que d'être seul à admirer : c'est une joie qui se gâte et se corrompt tout de suite. Tout ce qui m'a réjoui jusqu'à présent et m'a transporté, m'a fait en môme temps venir les larmes aux yeux; instinctivement je vous cherchais à côté de moi et je m'étonnais de ne pas vous y trouver. Est-ce que cela durera, — non toujours, aious ne pourrions le supporter, — mais longtemps? Pourquoi ne viendriez-vous pas ici ? La vie n'y est pas plus difficile qu'en province, elle y est plus obscure, plus cachée, et les occasions de travail, les places, les emplois s'y présentent en plus grande abondance que partout ailleurs. Dis à ta sœur, — que je ne sépare jamais de toi lorsque je t'écris, — dis-lui combien j'ai été heureux delà petite médaille qu'elle m'a envoyée et du sens qu'elle y attache. Je crois, en effet, qu'il y aune bénédiction sur nous trois, c'est de nous être rencontrés, de même qu'il n'y aurait qu'une malédiction qui serait de ne nous revoir jamais. »
Il y eut six lettres comme cela d'échangées; inquiètes et désespérées d'un côté, séduisantes et câlines de l'autre.
La position de Caroline et d'Emile à Caen était d evenue à la longue terrible et insoutenable : Emile, tout en continuant ses dépenses, n'avait point trouvé les répétitions sur lesquelles il comptait, et la place de première demoiselle dans une maison de province ne pouvait suffire aux besoins du frère et de la sœur.
Les lettres de Jacques leur brûlaient les yeux ; mais une sagesse instinctive les retenait cependant, les empê-* chait de dire oui au moment décisif, et les faisait défaillir. Ils avaient beau lire et relire ces lettres, il leur était impossible d'y rien trouver de précis, de formel, de positif. ' C'étaient des vues générales, des espérances en l'air, des perspectives chimériques ; il y était fort question d'aller ensemble aux cours du Collège de France, de se promener sur le boulevard Italien, de dîner au Palais-Royal, et de courir le dimanche les environs de Pans, mais d'une place, si humble fût-elle, d'un emploi même médiocre, il n'en était pas question. Jacques n'était nullement un homme pratique ; c'est là sa seule excuse en cette affaire, si c'en est une.
Quoiqu'il ait pu souffrir plus tard, il est bien certain qu'il ne souffrit que d'une situation qu'il se créa par son propre égoïsme; et il ne fut en définitive frappé que du ricochet des souffrances qu'il avait occasionnées.
Pendant trois mois, lui qui vivait chez un de ses parents à Montmartre, doucement, chaudement et en réalité plus heureux qu'il n'avait jamais été, il fit briller devant ces pauvres amis le mirage trompeur de sa sécurité exceptionnelle. 11 ne comprit pas qu'en arrivant à Paris, ils n'auraient eux, les pauvres enfants, ni famille où loger, ni bon feu pour les chauffer, ni bon lit le soir à les attendre quand ils rentreraient fatigués. Parce qu'il vivait de la vie bourgeoise, il se figurait naïvement qu'ils en vivraient
comme lui ; ou plutôt il ne se donnait point la peine d'examiner ce qui adviendrait de leur destinée ; et pourvu qu'ils vinssent et qu'il pût causer avec eux, il se tenait suffisamment satisfai t.
Enfin, il l'emporta; et un soir qu'il rentrait du théâtre, on lui remit une lettre; elle était d'Emile et ne contenait que ces mots :
• Nous venons à Paris tenter la fortune, puisse-t-elle » nous être moins marâtre ! Je dis nous pour t'apprendre » que ma sœur m'accompagne, et ne me quittera jamais.
• Nous allons donc être réunis : maintenant, mon vieux, » c'est à la vie, à la mort.
• P. S. Trouve-toi mardi, à quatre heures du malin,
• aux Troyennes, à l'entreprise du Petit-Loisel ; je crois » que c'est rue Coq-Héron, je ne sais pas le numéro.
» 15 janvier. »
Il était minuit, Jacques partit à trois heures.
Il descendit lentement la montée, se heurtant à chaque minute contre des tas de pavés qui avaient été relevés pour les travaux du gaz, et qu'éclairaient fort peu quelques rares lanternes qui donnaient plus de fumée que de lumière. En marchant par ces rues silencieuses, il s'interrogeait curieusement, et il était surpris de ne pas se trouver plus ému : — Je croyais les aimer plus que ça, se disait-il. » La pensée de voir Emile lui causait cependant un sincère plaisir : celle de retrouver Caroline lui inspirait une inquiétude vague et comme un chatouillement de désir et d'amour-propre.
Arrivé à la rue Montmartre, il s'arrêta un instant à contempler avec surprise la longue file de becs de gaz que réfléchissait l'asphalte mouillé du trottoir et les flaques d'eau de la chaussée; il n'avait point encore vu Paris à celte heure où les gerbes de lumière font un si fantastique contraste avec le silence des maisons et des rues, et il eut un véritable émerveillement. r
A quatre heures, il était devant les Troyennes.
Il faisait une nuit presque douce. Il attendit sans trop s'impatienter, allant de la rue Coquillière à la rue Montmartre, regardant les passants qui circulent sans cesse dans ce quartier populeux, regardant surtout les charrettes encombrées de choux et de carottes qui commençaient à s'entasser les unes à la suite des autres et h prendre leur rang pour déboucher sur le carreau des halles. Le tumulte assourdissant, le va-et-vient continuel, les légumes qu'on amoncelait sur les trottoirs sans prendre garde au ruisseau, les fourgons de poissons qui passaient en laissant derrière eux un parfum révélateur, les porteurs aux larges épaules, les paysannes encapuchonnées dans leurs mantes, les types étranges qui n'appartiennent qu'à ce quartier, les cris, les disputes, les voix éraillées, le choc des verres sur les comptoirs d'étain, tout cela l'étonnait, le distrayait et l'empêchait de ressentir trop fiévreusement la longueur du temps.
A cinq heures trois quarts, du côté de la rue Croix-des- Petits-Champs, il vit accourir une énorme lanterne rouge : c'était la diligence qui arrivait comme un ouragan; les chevaux, retenus d'une main vigoureuse et aiguillonnés par des batteries de coups de fouet, secouaient leurs blanches crinières dans un nuage de vapeur chaude : on entendit un cliquetis de chaînes, le pavé ronfla, les maisons tremblèrent. Jacques se haussa sur la pointe des pieds pour voir si par les vitres baissées il n'apercevrait pas ses amis, mais la lanterne lui projeta dans les yeux un flot de lumière qui le colla contre la muraille. Sans ralentir sa course, la voiture entra sous. les portes de l'hôtel, et, avant qu'on les refermât, Jacques s'empressa de la suivre.
Il vit descendre du coupé, de la rotonde et de l'intérieur plusieurs créatures extrêmement hétéroclites, enveloppées dans des manteaux, des châles, des mouchoirs, des foulards, et qui se tiraient les bras en poussant des
bâillements sonores et gigantesques; mais Emile et Caroline, il ne les vit point. 11 fit plusieurs fois le tour de la diligence, alla examiner les voyageurs sous le nez, s'insinua dans les groupes qui s'embrassaient, pénétra dans le bureau, où il lui sembla qu'on le regardait comme un voleur, et revint désespérément à la voiture. On la dételait. Il dut se résigner à croire qu'Emile et Caroline ne viendraient pas ce jour-là.
Il rentra à Montmartre brisé de fatigue, de très-mauvaise humeur ef assez inquiet.
Le surlendemain, il reçut une nouvelle lettre d'Emile qui lui disait :
« Après mille contre-temps, nous sommes arrivés : tu nous trouveras aujourd'hui toute la journée rue de Verneuil, n° 20, à l'hôtel du Pérou. »
Jacques alla tout droit rue de Verneuil, et, arrivé en face du numéro indiqué, il vit en effet se détacher, sur une façade qui n'avait jamais subi les bienfaits du récrépiment, ces mots r Hôtel du Pérou; le rez-de-chaussée qui donnait sur la rue était occupé par une boutique de mercerie, contre laquelle s'ouvrait une allée étroite et sombre.
Cela ressemblait si peu à un hôtel, que Jacques hésita un instant, mais enfin il se décida et entra dans la boutique.
— Est-ce que c'est bien ici l'hôtel du Pérou? demanda-t-il.
— Oui, monsieur, répondit en pinçant les lèvres une petite femme qui était au comptoir.
— Est-ce que vous avez deux jeunes gens arrivés de Caen?
— J'ai une demoiselle, monsieur.
— Mademoiselle Foulogne ?
— En effet, monsieur.
— Elle y est?
— Oui, monsieur, mais je ne sais si...
Jacques n'entendit pas la fin de la phrase, il montait les escaliers ; par un calcul assez sensé, fondé sur la position de fortune de ses amis, il ne frappa à une porte que lorsqu'il se sentit dans des régions élevées.
— C'est M. Jacques, dit une voix matinale et fraîche, je vous attendais.
Et Caroline lui tendit les deux mains.
Elle était seule. Emile était déjà allé faire des visites. Elle expliqua brièvement à Jacques par quelles suites de circonstances ils se trouvaient dans cet hôtel. Il était tenu par la mère d'un des camarades d'Emile, — mauvais camarade au collège, qui s'était trouvé bon à distance. — Cependant, lorsque Emile lui avait écrit pour lui annoncer son projet d'établissement, et lui dire qu'il comptait loger quelques jours chez sa mère, Alphonse Genty lui avait répondu par une lettre de quatre pages d'une écriture élégante, d'une orthographe supportable, et qui attestait une lecture attentive de la Muse du Département et du Grand homme de province à Paris. Il se posait en Lousteau, essayant d'arrêter ce nouveau Lucien de Rubempré sur les bords de l'abîme, faisait à Emile une peinture fantastique et balzacienne des grands journaux de Paris, où il n'avait jamais mis le pied, et parlait avec une éloquente amertume des misères de la vie d'artiste, qu'il ne connaissait pas davantage. Il terminait cependant en lui disant que sa mère, qui était pauvre, serait tout à leur disposition dans la mesure de ses moyens.
— Cela ne me plaît pas, pensa Jacques eh rendant la lettre, puis tout haut il ajouta : — Est-ce qu'Emile sera longtemps sorti?
— Je ne pense pas, répondit-elle, il est allé voir d'anciens camarades qui sont étudiants, MM. Roblot, DourdanetPyrou.
Les déceptions de Jacques commençaient; il avait fait venir ses amis pour lui tout seul et il les trouvait tombés
dans le domaine publie; il croyait se les approprier, il se les figurait isolés, perdus dans Paris, n'ayant que lui pour cornac, pour providence, et indépendamment d'Alphonse Genty, ils connaissaient Roblot, Dourdan et Pyrou.
Il maîtrisa de son mieux sa contrariété. Caroline paraissait si contente d'être à Paris, si heureuse de le revoir, elle était si expansive, si gaie, que le nuage qui avait un instant obscurci la joie de Jacques, se dissipa rapidement : il oublia les fâcheux camarades et s'abandonna au plaisir de causer à plein cœur avec cette charmante jeune fille» qu'il trouvait plus ravissante encore que le souvenir, pendant ces derniers mois, ne la lui avait montrée.
Ils bavardaient tous les deux depuis une heure, lors* qu'on frappa à la porte : c'était Emile. Jacques respira en le voyant entrer, il était seul. Lorsqu'ils se furent embrassés, Caroline dit à son frère :
— Tu ne les as donc pas trouvés?
— Pas un seul, c'est une fatalité.
Jacques éprouva un plaisir secret à voir les étudiants se mettre ainsi dans leur tort. Il rentrait en possession de ses amis.
Il passa presque toute la journée avec eux au coin du feu, et ne les quitta que vers cinq heures pour remonter à Montmartre.
— Oui, mais vous viendrez déjeuner demain avec nous, dit Caroline.
— Fraterniser, reprit Foulogne.
— Nous n'avons que trop peu de temps à nous voir, continua Caroline ; je vais sans doute trouver une place, Emile aussi, il faut profiter des deux ou trois jours qui nous restent à être ensemble.
Combien d'argent avaient-ils au juste, et par quels sacrifices se l'étaient-ils procuré, c'est ce que Jacques luimême n'a jamais bien su ; seulement, de la succession de leur père, il leur restait quelques droits indivis qu'ils
avaient dû vendre à perte pour deux ou trois cents francs.
Le lendemain matin, en arrivant, Jacques trouva sur la table de belles tasses dans de belles soucoupes, et devant la cheminée où il y avait un grand feu, un vrai feu de province, le chocolat qui bouillait.
Ce fut comme cela pendant huit jours. Jacques repartait pour Montmartre vers quatre heures, et ses amis le reconduisaient jusqu'au boulevard.
Mais, le neuvième jour, il vit le revers de la médaille : Emile et Caroline déjeunaient, ils ne dînaient pas; il comprit alors leur merveilleux appétit au repas du matin .
Ce soir-là, il avait prévenu chez lui qu'il rentrerait tard, et il s'était promis de rester à dîner avec ses amis. Il trouva Emile seul devant deux tisons qui fumaient mélancoliquement; Caroline était sortie.
Jacques s'ennuya cruellement, et pour la première fois il comprit bien que ce n'était pas Emile tout seul qui le rendait si fidèle. A chaque instant, il était prêt à demander où était Caroline, mais il sentait ce qu'une pareille question avait d'indiscret et il n'osait la faire.
Enfin il se hasarda à poser une interrogation indirecte.
— Ta sœur est bien longtemps.
— C'est vrai, dit Emile, elle est sortie pour aller à côté du Luxembourg faire une visite à Maret; et j'ai peur qu'elle ne se soit égarée. Si nous allions chez Maret ?
Ils descendirent, mais sur le trottoir, au coin de la rue de Beaune, ils rencontrèrent Caroline qui arrivait donnant le bras à un jeune homme.
Sylvain Maret était la dernière incarnation de la paresse. Il ne marchait pas, il se laissait aller, et, dans les cas graves, il glissait. Il parlait avec des modulations adoucies et autant que possible par monosyllabes. Aussitôt qu'il voyait un siège, il s'asseyait; quand il causait dans la rue, il commençait par appuyer son bras sur l'épaule de quelqu'un, et pour peu que la conversa-
tion se prolongeât, il semblait disposé à y reposer sa tête* Jacques lui lança un regard furibond, mais Sylvain,
sans se laisser déconcerter, se contenta de dire : — Sinous montions, nous pourrions nous asseoir un peu. Ils montèrent, et Maret resta deux heures; enfin il se
décida à se lever. A peine était-il au bas de l'escalier :
— Va vite chercher la nourriture, dit Emile à sa sœur, nous mourons de faim.
Ils dînèrent avec un peu de fromage, une livre de pain et un litre de vin.
— Ce ne sont plus les dîners du Grand-Turc, murmura machinalement Jacques.
— Non, mais c'est toujours l'amitié du Grand-Turc, n'est-ce pas, Jacques?
— Sans doute, dit celui-ci; mais il le dit froidement, cette misère le glaçait, et il ne se sentait pas de force à la supporter môme dans ses amis.
Cependant cette impression s'effaça bientôt : on changea de conversation, on fut gai, on chanta, on fit ce qu'on appelait une fédération, et Emile se hâta de déclarer qu'elle était indissoluble.
11 était à peu près dix heures lorsque madame Genty, que Jacques appelait « la Petite Souillon, » entra discrètement dans la chambre.
— Je voudrais vous dire un mot, mademoiselle Foulogne. — -Oh! vous pouvez, parler, madame, dit Caroline en
montrait Jacques. Monsieur est l'intime ami d'Emile.
— Tu peux dire que c'est un frère, s'écria celui-ci.
— Mon Dieu, il n'y a rien de bien mystérieux, reprit la Petite Souillon; j'ai trouvé pour vous uneplace de troisième demoiselle dans la maison Chafïiotte, Brassart et Hoefer.
Quand ils se retrouvèrent seuls tous les trois, ils n'osèrent se regarder; enfin, Jacques crut que c'était à lui de parler le premier.
— Voilà une heureuse affaire, dit-il.
— Oui, mais je te laisse seul, interrompit Caroline, en prenant la main de son frère.
Us se turent encore.
— Pourquoi diable sommes-nous tristes? s'écria Foulogne. C'est notre première bonne nouvelle, et on dirait qu'elle nous désole.
— C'est que nous étions déjà faits à vivre tous les trois ensemble, dit Jacques, et qu'on s'habitue vite au bonheur.
— Mais Caroline aura ses dimanches.
— Il faut l'espérer.
— Et toi, Jacques, tu nous viendras voir.
— Sans doute.
— Hé bien, c'est égal, conclut Foulogne,i'aurais mieux aimé ne savoir cette bonne nouvelle-là que demain matin.
En remontant à Montmartre, Jacques était horriblement oppressé.
— Au surplus, fit-il, je verrai toujours Emile. Puis, ayant fait quelques pas :
— Oui, mais je ne verrai plus Caroline.
Et quelques larmes lui montèrent aux yeux.
— Comme je les aime 1 continua-t-il.
Déjà hypocrite avec son cœur, il cherchait aie tromper, mais ce cœur ardent et vierge n'accepta point ce mensonge, et fermement, quoique bien bas, il murmura :
— Comme je l'aime !