A QUOI SERT UN RIVAL
On sait que Jacques habitait à Montmartre: il logeait dans sa famille, comme il disait un peu emphatiquement; cette famille se composait d'un cousin germain, de sa femme et de leur enfant.
M. Lévéque était notaire : C'était un homme sévère et laborieux, très-honnête, qui s'intéressait à Jacques, et qui étant d'une bonne foi parfaite ne suspectait jamais celle des autres: en dehors des affaires d'étude bien entendu, car là il était délié, habile et pénétrant.
Quelque temps après son arrivée à Paris, Jacques avait dû se résigner à cet aveu pénible, qu'il n'était pas reçu à l'École normale.
— Mais alors que vas-tu faire ? lui dit son cousin.
Jacques prit deux ou trois jours pou r# réfléchir.
Il réfléchit beaucoup à ce qu'il ne ferait pas. Il faut bien le dire,— le démon de la littérature, pour parler con-
LES AMOURS DE JACQUES* Tl
grument,— s'était emparé de lui : il voulait écrire, il voulait étudier librement, mais il n'osait le déclarer avec franchise. Il eût très-volontiers et très-gaillardement, dès cette heure, embrassé la vie d'aventures qu'il devait mener plus tard, et il l'eût fait d'autant mieux qu'il ne la connaissait pas; mais, comme tous les gens timides» n'osant lutter, il prit le parti de mentir.
Il mentit avec art, suite et profondeur.
Il comprit que, créant une situation, il fallait la créer
. solide et durable; et comme il savait qu'on ne contrôlerait
pas ses assertions,— il annonça qu'à partir de tel jour, il
l'indiqua, — il suivait les cours de l'école des langues
orientales vivantes.
Il avait choisi cette école pour plusieurs raisons : d'abord, parce que c'était une des rares écoles libres qu'il pût désigner ; ensuite, parce que beaucoup de ses élèves sont plus tard employés par le gouvernement, perspective qui devait séduire sa famille; enfin, parce que son cousin étant parfaitement étranger aux études qui s'y poursuivent, il pourrait, quand cela serait nécessaire, inventer une gradation de difficultés vaincues et de science acquise» et même, s'il le fallait absolument, lui parler arabe ou hindoustani, à la seule condition de ne pas employer le mot sacramentel : mamamouchi, le seul que connût M. Lévêque.
Tous les matins il partait donc avec son déjeuner dans sa poche.
Il commençait par ne pas aller à V école des langues orientales vivantes, où il ne mit jamais le pied, et il se dirigeait vers la rue de Verneuil.
Il y trouvait Foulogne parfaitement endormi.
—Comment! il est dix heures, s'exclamait Emile; après ça, ce n'est pas étonnant, je suis resté cette nuit jusqu'à trois heures à ma fenêtre où j'ai fumé dix-sept pipes en réfléchissant aux difficultés de la vie et à une nouvelle
iê LES AMOURS DE JACQUES.
organisation sociale: je crois avoir trouvé quelque chose.»
— Pour toi?
— Non, pour l'humanité.
Après le déjeuner, Jacques disait à son ami : — Vicns-tu à la Bibliothèque?
— Attends un peu.
Et tout en s'habillant, il se demandait gravement :
— Voyons, ai-je fini Mauprat ? c'est fièrement beau. Qu'est-ce que je vais lire aujourd'hui ? Je n'ai plus qu'un numéro de Revue. Mais pourquoi faire des cérémonies, je n'ai seulement pas de quoi prendre une chope, je vais avec toi ; le temps seulement d'acheter pour un sou à fumer.
Souvent Jacques venait seul, et alors ses goûts studieux, son avidité d'apprendre lui faisaient oublier ses inquiétudes, ses espérances et même son amour. Il passa là des heures ardentes, lisant, comparant, méditant.
Vers l'heure du dfner, il remontait chez son cousin, et il passait ses soirées à se promener dans un petit jardin attenant à la maison, à lire, à songer surtout, à penser à Caroline, à faire de beaux rêves, à se rappeler de doux souvenirs. C'étaient ses heures les plus remplies, les mieux remplies do la journée : il s'arrangeait une vie calme et heureuse, vie d'amant et d'artiste ; il entrevoyait le moment, pas très-éloignô peut-être, où s'élant conquis un nom, où étant quelqu'un dans la foule, il pourrait aller trouver sa mère et lui dire : J'aime une jeune fille belle, noble et bonne, j'ai mis tout en elle; veux-tu que je la prenne pour femme? Et à la seule pensée de cette existence de famille qu'il avait toujours envieusement désirée, il était pris d'une exaltation fiévreuse et folle. H courait à sa chambre, et, dans des lettres où débordaient la jeunesse, l'entraînement, la poésie, il disait à Caroline, avec une passion brûlante et respectueuse tout à la fois, ses espérances et ses projets ; il lui disait combien déjà elle l'avait fait heureux, et combien plus elle pouvait le faire encore ;
et lui, l'esprit méditatif si malhabile aux c flaires de ce monde, il entrait dans de puérils mais délicieux détails, et pour elle il bâtissait un paradis d'amour, un idéal de béatitude parfaite, auquel, hélas 1 ne manquaient que la raison et l'expérience.
Cette félicité fut bientôt troublée par deux ordres d'incidents.
Un jour, en achevant leur frugal déjeuner, Foulogne dit à Jacques en lui tapant sur la cuisse :
— Tu ne sais pas une bonne nouvelle : Farin arrive dans quinze jours, et je crois qu'il logera avec moi. Comme Caroline va être contente I
Jacques avait entrevu Farin pendant le voyage de Caen : c'était un gros garçon qui lui avait paru assez lourd et très-vulgaire, mais pour lequel il avait une affecjjon de confiance, à force d'entendre répéter à Caroline et à Emile que Farin était un prodige de dévouement.
— Pour nous, disait Emile, Farin passerait par le trou d'une serrure.
Cette nouvelle contraria un peu la jalousie de Jacques, mais U en prit assez vite son parti.
La fin de la journée lui gardait une plus rude secousse.
En rentrant, il trouva M. Lévéque en train de lire le Constitutionnel; du plus loin qu'il l'aperçut, son cousin lui cria, en frappant sur le journal :
— Eh bien 1 tu ne m'avais pas dit ça. Jacques eut des affres terribles.
— Quoi donc? demanda-t-il en essayant de se donner une contenance.
— Parbleu, l'époque de vos examens; comment, c'est dans quinze jours, et tu ne m'en parles pas.
— Ah ! je suis bien préparé, répondit Jacques, et si vous voulez, je peux vous -traduire le Constitutionnel en hindouï ou en hindoustani : je vous assure que c'est trèsintéressant. .
— Non, non, je te remercie.
Cependant, malgré cette forfanterie, Jacques ne souffla mot pendant le dîner.
— .Que le diable emporte les journaux ! pensait-il tout bas. Quevais-je faire? C'est encore bien heureux que je sois averti, sans cela je n'en aurais rien su.
On pourra s'étonner que Jacques se fût habitué à vivre dans une situation aussi fausse, aussi dangereuse; mais les passions ont une logique qui n'est ni celle de la raison pure, ni celle de l'expérience, et s'il laissait cette situation se prolonger après l'avoir douloureusement subie pendant les premier? jours, c'est que, comme tous les gens timides, il se flattait qu'elle se dénouerait d'elle seule.
D'ailleurs son amitié pour Emile et son amour pour Caroline lui présentaient une compensation splendide, avec laquelle, selon lui, rien n'entrait en balance ; et il s'était si bien accoutumé à ne plus séparer leur destinée de la sienne, qu'entre son propre avenir et le leur il ne faisait aucune distinction, il ne voyait aucune différence.
Il est vrai qu'il lui fallait toute la robuste bonne foi de la vingtième année, toute sa puissance d'illusions, tout, son besoin' absolu de désirs,. pour regarder autour de lui sans effroi et sans désespoir, pour croire qu'il y avait des routes ouvertes, et praticables, pour se figurer que son idéal n'était point une chimère.
Il est vrai aussi que, réduit à lui-même, dissuadé par ses proches, éclairé par la comparaison, son esprit pénétrant eût probablement fini par remettre les choses à leur place, par rendre aux objets leur vraie perspective, et par soulever le voile qui lui cachait la vie.
Mais ce fut ce qui le soutenait alors et ce qui l'exaltait,' qui le perdit. Si Caroline, si Emile n'avaient pas tant cru en lui, il n'y eût peut-être pas cru du tout, et il eût accepté le monde selon le bon senst au lieu d'entreprendre de le former selon sa folie. A force de se voir, de se parler, de
ne compter que les uns sur les autres, ils avaient fini par se croire isolés au milieu de la société, et se croire isolé, c'est l'être. A l'instigation de Jacques, le frère et la sœur avaient fait mauvaise mine aux étudiants et aux gens de l'hôtel, et toutes les relations étrangères avaient à peu près cessé.'
Alors les réunions du dimanche avaient pris un caractère d'exaltation maladive et de tendresse douloureuse : on se plaignait de l'isolement, mais on s'en glorifiait. « Nous sommes des martyrs, se disaient-ils tous les trois, parce que nous ne voulons pas aplatir nos âmes, courber nos volontés ; on nous raille, on nous insulte, on nous persécute parce que nous désirons mieux et que nous visons plus haut que les autres. » Au fond, personne ne songeait à les railler ou à les persécuter, mais ils étaient ulcérés de la mauvaise fortune, et, comme ils ne pouvaient? la prendre à partie directement, il fallait bon gré mal gré que certains individus de leur connaissance fussent condamnés à la représente! et à payer pour elle.
Lancés dans cette direction, ils y allaient grand train, ils ne pouvaient plus s'arrêter : pour Jacques, Caroline était la plus chère et la plus sainte des victimes; pour Emile, Jacques était, selon son expression, « l'ange de l'amitié. » On s'étourdissait ainsi, on se grisait de sourires, de larmes et de caresses»
Ce qui donnera bien une idée de leur élévation naïve, de leur bonne foi, et en même temps de leur manque de sens pratique, c'est que jamais Foulogne n'avait dit à Jacques : • Aimes-tu ma sœur? » C'est que jamais Jacques n'avait dit à Foulogne : • Ta sœur sera ma femme!» Il y avait entre eux comme un pacte non avoué, comme un sous-entendu de bon goût, comme un mystère de pudeur, fis jouissaient si délicieusement de leur commerce, ils étaient si ûers de ce qu'il avait d'exceptionnel, ils se trouvaient si heureux de marcher sur la crête des monts
sans avoir le vertige, qu'il leur aurait semblé s'abaisser en acceptant les conventions humaines et les formules légales.
Cette quiétude dans son amour cessa, pour Jacques du moins, par l'annonce de l'arrivée de Farin.
Il vit Emile si heureux, CaroHne si anxieuse et comptant les jours avec tant d'impatience, qu'il se sentit plus sérieusement menacé que par les étudiants.
La lutte ne s'engageait plus sur le môme terrain : Farin était après lui le meilleur ami d'Emile; de plus, il avait aimé Caroline, et il avait été entre eux, autrefois, question de mariage. Ses lettres, assez rares, étaient frès-affectueuses, très-tendres même ; il y exprimait, il est vrai, un vif désir de connaître Jacques et un ferme propos d'être son ami; mais que subsisterait-il de cette intention au contact quotidien et au choc des intérêts rivaux ?
Pendant les quelques jours qui précédèrent l'arrivée de Farin, Jacques fut très-agité, très-partage. Déclarerait-il la guerre à son rival? ou bien s'en rapporterait-il à, Caroline, sans l'influencer en rien, en la laissant dans toute la liberté de son cœur ?
Avec ses hésitations craintives, son effroi des explications, sa timidité d'amant, sa jalousie boudeuse, avec aussi une certaine fierté d'amour-propre, ce fut à ce dernier parti qu'il s'arrêta, et pendant deux dimanches consécutifs il ne descendit point à Paris ; ceux qui ont connu l'amour et la jalousie comprendront ce qu'il dut souffrir.
Pendant ces deux dimanches, Caroline avait emporté Farin avec elle au Luxembourg, aux Tuileries, au Louvre, et lui avait montré de. Paris tout ce qu'on en peut voir sans argent. '
D'abord, elleayait été surprise de l'absence de Jacques, puis chagrinée, puis elle avait cru à un accès de dépit qui passerait vite ; mais, quand elle le vit si obstiné, elle prit peur et s'affligea tout à fait ; elle lui écrivit, et ce fut le
pauvre Farin qui paya pour tous deux, pour ses propres inquiétudes à elle, et pour la jalousie de Jacques.
C'était un type que Farin : il était courtaud, noir et velu, voilà pour le physique ; il était raisonneur et farouche puritain, voilà pour le moral. Il avait fabriqué pour sa bêtise un bouclier impénétrable. « Je n'ai pas d'esprit, moi r disait-il, mais j'ai du jugement. » Il affectait aussi la franchise, et, comme il était sournois ainsi que le sont la plupart des imbéciles qui se sentent vaguement quelque chose à cacher sans savoir quoi, il mettait beaucoup de brusquerie dans ses allures, et il entrait dans les appartements comme un grenadier qui va à l'assaut. Il buvait d'un trait, fumait avec profondeur, et restait quelquefois pendant deux ou trois heures, le pied appuyé sur le rebord de la fenêtre, ayant l'air de penser à quelque chose et ne pensant à rien. Après la franchise et le jugement, sa plus grande prétention était la bonté. C'était celle qui avait été la mieux acceptée par ses amis, et pour cela il n'avait eu qu'à leur répéter un certain nombre de fois: «Je suis bon, je ne peux pas voir souffrir; » dans le monde indifférent et affairé comme il est, on peut ainsi, sur sa propre parole et sans plus de preuves, se faire passer pour bon, loyal, sincère; seulement il est plus difficile de dire : « Je suis spirituel, » non parce que cela blesse la modestie, mais parce que l'esprit reluit et éclate de luimême sans- avoir besoin de s'affirmer.
Le profond jugement de Farin, aidé des bourrades d'Emile et des froideurs bien évidentes de Caroline, ne tarda pas à lui révéler que son amour était en péril, et qu'il avait dans Jacques un rival dangereux, un ennemi déclaré.
Lui si bon et si franc, il en fut abasourdi.
Un jour de septembre, par un chaud soleil de midi, rencontrant Jacques chez Foulogne, il s'approcha de lui d'un air sombrç et décidé :
— Voulez-vous sortir avec moi? demanda-t-il.
— Volontiers, répondit Jacques qui s'attendait à une explication décisive et qui se promettait de la rendre incisive.
Ils traversèrent le pont Royal.
Farin ne disait mot.
Arrivés au bout du pont, ils suivirent le quai qui longe les Tuileries ; les trottoirs brûlaient les pieds et la réverbération du mur éblouissait les yeux.
— Il fait trop chaud, se dit Jacques, ce sera pour les Champs-Elysées.
Ils traversèrent la place de la Concorde, suivirent tout le Cours-la-Rcinc, et s'engagèrent dans les rues de Chaillot.
Farin soufflait beaucoup, mais n'articulait pas une parole. Jacques attendait avec résignation.
Quand ils furent dans une espèce de ruelle écartée, Farin s'arrêta et regarda Jacques d'un air. sinistre, puis il fouilla dans sa poche.
— Il cherche peut-être son couteau, se dit celui-ci.
Il cherchait sa pipe. Une seconde fouille amena du tabac, une troisième une allumette. Farin fit quelques pas du côté de la muraille avec la démarche d-'un homme qui va mourir ou immoler son semblable, frotta son allumette contre le mur, et quand sa pipe lui parut dans un état satisfaisant, il redescendit lentement vers la Seine, suivi de Jacques, qui n'y comprenait rien.
Lorsqu'ils furent sur le quai, il faisait un soleil infernal; Faritl s'arrêta, frappa du pied avec impatience, et d'une voix étranglée par la colère ou par... la soif, il s'écria :
— Nous ne pouvons pourtant pas toujours marcher comme ça.
r- C'est "mon opinion, dit Jacques, réprimant h grand'peine une furieuse ehviede rire.
— Enlrons dans un bouchou, et bnvons un litre ou
deux, par ce temps chaud les rafraîchissants sont mauvais.
Non-seulement ces litres il les but seul et rapidement, mais il les but avec une expression sublime. C'était un poème. Telle verrée exprimait l'espérance déçue, telle autre la conscience indignée; il y avait des gorgées qui ressemblaient à des sanglots.
Quand ils sortirent du bouchon, un incident imprévu se déclara : la douleur, le soleil et peut-être un peu aussi les litres avaient complètement grisé Farin. 11 se pendit au bras de Jacques. «
— J'ai très-mal à la tête, dit-il, est-ce que vous y avez mal aussi, vous?
— Non, mais marchons un peu, votre indisposition se dissipera.
— Je ne crois pas, murmura Farin, qui, vétéran de la bouteille, avait conscience de son état; je n'ai pas envie de marcher, j'ai envie de m'asscoir.
— Nous ne pouvons pourtant pas rester sur le quai de Ghaillot.
— Eh bien, écoutez, reprit Farin en regardant Jacques avec tendresse, malgré nos dissentiments, vous pouvez me rendre un grand service... Si vous alliez me chercher une voiture...
— A la place des Victoires? non, merci.
Mais l'idée de voiture était entrée dans l'esprit de Farin ; il en fil arrêter une qui passa, et dans laquelle il persista à faire monter Jacques.
Et il s'allongea sur les coussins en murmurant :
— Gredin de mal à la tête, va, j'étais si bien décidé. Jacques revint tout seul à la rue deVcrneuil, où il
trouva Emile fort inquiet.
— Eh bien, s'écria celui-ci, que s'est-il passé? Farin est méchant quand il s'y met. Que te voulait-il? Que t'at-il dit? Que t'a-t-il fait?
— Une m'a pas dit grand'chose, mais ses procédés sont fort honnêtes, il m'a payé des litres et une voiture.
L'aventure fut connue de Caroline, et elle ne tourna pas à l'avantage de Farin; car le dimanche qui était le quatrième de son séjour à Paris, Jacques, en arrivant chez ses amis, ne le trouva pas dans la chambre, non plus que Foulogne.
— Te voilà bien content, lui dit Caroline.
— Content de te trouver seule ?
— Et de ne pas trouver l'autre; eh bien, sois rassuré et tranquille, il s'en va.
— Vraiment?
— Tout ce qu'il y a de plus positif. Il parait que sa promenade avec toi l'a suffisamment éclairé; il retourne à Caen.
— Mais, dit Jacques, devenu sérieux, ce n'est là que la moitié de la question ; il s'en va, c'est bien, mais moi, que faut-il que je fasse? es-tu décidée?
Ils se regardèrent : elle souriante comme dans tous les moments décisifs de sa vie; lui, inquiet, palpitant, agité des pressentiments les plus contraires.
Elle eut un geste d'une grâce parfaite, d'une simplicité adorable; elle lui tendit la main, l'attira vers elle, et lui présentant son front :
— Mon Jacques, dit-elle, embrasse ta femme.