‹ Les Amours de Jean-Antoine de BaïfChapitre 25 sur 64 · XXV · texte numérisé non relu

XXV

Durant l'esté, par le vergier grillé, ; Les tendres fleurs sous la nuit blandissante Vont redressant leur tresse fanissante, 4 Qui ja pleuroyt son honneur depouillé.

D'amour ainsi mon esprit travaillé, Qui ja quittoyt ma vie languissante, Reprit vigueur par la force puissante 8 Du restaurant qu'ores tu m'as baillé.

Doux restaurant, dousucrée ambrosie, Qui ne doyt rien à celle qui es cieux 1l Des immortelz la bouche. resazie, Plus doux manger ne gouttent, non les dieux : Si ce repas me sustente la vie, 14 Je ne seray sus le leur envieux.

Variantes. —[XXV] 1. jardin — 8. qui lors me fut — 9. O doux baiser, savoureuse — 12. On ne sert pas plus doux uectar aux — 13. ta douceur — 14. leur vie

Sources. — [XXV] Peut-être faut-il voir ici une réminiscence de l’Arioste (Or£. fur., xxxi1, oct. 108):

Qual, sotto il piu cocente ardore estivo, Quando di ber piu desiosa & l’erba,

Il for, ch’era vicino a restar privo

Di tutto quell’ umor che in vita il serba, Sente l’amata pioggia, e si fa vivo; Cosi…..

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