Edition Marty-Laveaux, Il
éditions; il faudrait mettre sous les yeux du lecteur une réimpression complète ». Après avoir cité en exemple la première strophe de la chanson Desja Phebus sa bride orine tourne, 11 écrivait : «I en est ainsi dans toute létendue du poème, et les vers qui sont demeurés sans aucun changement sont fort peu nombreux". » On se convaincra par examen de notre texte que cette assertion est fort exagérée. Sans doute, il n’est guère de poèmes qui n'aient été l’objet d’une révision attentive, mais dans les chansons les retouches sont ordinairément rares et discrètes. Une telle réserve s'explique : outre que ces couplets agiles et gracieux consüituent le meilleur du recueil, souvent ici l’on ne pouvait déplacer un moellon sans s’exposer à ruiner le fragile édifice ; mieux eût valu reprendre la tâche à pied-d’'œuvre et rebâtir le poème entier. Dans les sonnets, au contraire, les variantes se multiplient el il est malaisé d'identifier à première vue certaines épreuves de 1573 aux originaux de 1552. Marty-Laveaux ne pouvait tenir compte de corrections si nombreuses dans un ouvrage de luxe destiné aux bibliophiles. Notre dessein est tout différent. En composant cette édition, nous avons voulu mettre un instrument de travail aux mains des étudiants et des chercheurs. La collation des variantes en fait le principal intérêt.
On s’étonnera sans doute que, à l'inverse des édi-
lions critiques ordinaires, celle-ci donne la première