XLIV
Douce Cythere, native Des flotz marins inhumains, Combien est la flamme vive Ou'Amour brandit en ses mains,
Variantes. — [XLNII} 3. Contrefaisant tant au vif cest — 5, L'enfant cruel, — 11. Guise dans — 13, un peu [XLIV] 1. O douce Venus, — 3. 0 combien la flamme est — 4. Que ton fils porte
ot
Combien poignant la sagette
Que dans noz ames il jette?
La rage en coule aux moëlles,
Et des veines la liqueur
Tarit aux chaleurs cruelles Qui nous eprennent le cueur, Quoy que son apre pointure N’ait point montre d'ouverture.
Ce Garçon fait toujours guerre
À toutz par tout univers,
Par le ciel et par la terre Descochant ses traitz divers :
Sa paix est nulle et ses tréves, Las, sont trop courtes et breves.
Desous sa main emperiere
Tout peuple il est enserrant, De l’une a l’autre barriere
Ou le soleil luit errant :
Qui vit qui n’ayt cognoyssance De sa felone puissance?
Les froydes tropes marines
De ses chaleureux flambeaux Brullent dedans leurs poitrines Maugré la moyteur des eaux :
Par l'air les bandes volantes
Sentent ses torches brullantes.
Des Jeunes la bouillante ame
D'un feu plus chaud il ateint, Et des vieillars il r’enflame Le brazier presques eteint,
Variantes. — | XLIV] 11. Bien — 18, Sont cautelcuses — 26. Vers 28, — 28. Vers 26,
35 Et leur chaleur consumée Est derechef allumée.
Il ard les vierges nicettes D'un brandon follement chaut.
Voyre et fait par ses sagettes 40 Les dieux descendre d’enhaut Desous desquisures feintes Apres leurs flammes contreintes.
Apollon en Thessalie Compagnon des pastoureaux 45 Pris de la douce folie N Mena paistre les toreaux, Par Amour contreint d’elire La musette pour la lyre.
Et Toy qui hantes Cylléne 50 L’aillepié courrier des dieux, De ce feu lame ayant pleine, Un mont echangeant aux cieux, Brullant tout de ta Dryope Des dieux tu quittes la trope. | 55 Voyre et le dieu, dont la destre Fait les autres dieux branler, D'amour seigneur ne peut estre, Forcé des cieux devaller, Quittant la son trosne digne, 60 Ores Satyre ores Cygne.
Le mauvays sa mere mesme,
Sa mere il n’epargne point,
Variantes. — [XLIV] 36. Forcene encor — 41. Deguisez sous forme feinte — 42. Espoints d’amoureuse atteinte. — 52. Aux mons tu changes — 53. Et à Dryope l’amie — 54. Des grands dieux la
compagnie. — 57, Maistre d'amour
Ains rendant sa face bléme De l'œil d’Adonis la point, 65 Adonis que la pauvrette Six moys l’an encor regrette.
O dieu dieu je ne reculle Au feu aigrement joyeux De ton flambeau, puis qu’il brulle 70 Les poumons mesmes des dieux, Et puis que Venus ta mere Sent ta pointe douçamere.
Voy, Je t’'ouvre la poitrine ‘ Pour bute, pour but le cueur, 75 Mais fiche une fleche orine En celle dont la rigueur F'iere ric de ta puissance Pour n’en avoyr conoyssance.
Elle par toy surmontée, 80 Mise nue en mes braz nuz, T’honorera,plus dontée Que ne fit onques Venus, Moy comblant tout de ta gloyre Ton trionfe et ta victoyre.
85 Si tu m'oys de bonne oreille, Desor je me voue a toy, Desor desor j'apareille Des vers que je ramentoy Pour chanter en digne voix
Variantes. — [XLIV] 67. Dieu puissant, — 70. Mesmes les plus braves — 77. Rit encor — 83. Car je chanteray la — 84. De tant superbe — 87. Dés ceste heure — 88. Un vers
90 Tes traitz ton arc ton carquoys .
Ja voyct venir la Muse Qui s’apelle de ton nom, Vrayment point je ne m’abuse, C’est c’est la mesme Eraton, 95 Qui d’une main me couronne, De l’autre son lut me donne.
A voyr ce menu feillage, C’est le myrte pafñien, Qui deja deja m'ombrage 100 Le front ceint de son lien, Comme estant des ma naissance Le soneur de sa puissance, Cupidon je te salue Mille et mille et mille fois, 105 Puis que ta sainte value N'a pas dedaigné ma voix.
Puis qu’ Eraton la sacrée En mes chansons te recrée.
Jamais ne soit que ma bouche 110 Ne soit pleine de ton nom, Jamais lut ma main ne touche
Variantes. — |[ XLIV] 90. L’arc, la flesche, et le — gr. Voy desja —
101. Pour estre — 102, ta — 104. O Dieu, des Dieux redouté, — 109. haute — 106. Mon vers n'a pas rebouté : — 107. que la Muse = 100t-De
Additions. — (a) Le carquois où fut choisie Flesche de telle vertu :
Flesche à qui <je> doy la vie Pour tel orquerl abatu :
Et l'arc qui fit ouverture Dedans une ame si dure,
Que pour soner ton renom, Puis qu'Amour, tu me fais digne, De la courone myrtine.