IX
Mon œuillet, mon cueur, mon ame, Mon miel, ma rose, mon bame,
ITQ
Variantes. — [VIII] 51. De froid ta poitrine — 61. A l’heure aussi
— [IX] 1. Ma vie,
Sources. — Donec succiduum me quoque spiritus Istis roscidulis linquet in osculis,
Labentemque lacertis
Dicam collige me fuis.
Stringes nexilibus me, mea, brachis, Mulcebis tepido pectore frigidum, Et vitam mihi longe af-
-Flabis rore suavi.
Sources. — [IX] Catulle, 5 (v. 7 et suiv.) et 7.
Tost mon cou soyt enlassé :
Que mes desirs on apaise, 5 Que tant de foys on me baise Qu'en fin j'en tombe lassé.
Mille baisers je demande, Et mille et mille friande, Quoy, friande il ne t’en chaut?
10 Sus sus doucéle felone, Que deux cent mille on m’en donne :
Cent mille encor 1l m’en faut.
J'en veu mille, j'en veu trente, Troys mille, six cent, quarante : 15 Penses tu que ce soyt tout?
Comment friande? il t’'ennuye.
Ja ta languéte n’etuye, Tu n’es pas encor au bout.
Veux tu savoyr, quelle bande 20 : De baisers, Baïf demande, Qui te le rendra content?
De cent milliers son envie Ne seroit pas assouvie, Non d’un nullion contant.
25 Autant que l’humide plaine Sous la Zefirine aleine Jette d’ondes a ses bordz :
Autant qu'au printemps la terre De son grand ventre desserre 30 De fleurs et d'herbes dehors :
Variantes. — [IX] 10. doucette, sus mignonne, — 16. Quoy ? dedaigneuse,
Autant que d’astres envoyent < Icy leurs rayons, et voyent Des cieux par la claire nuit Noz derobées segrétes 35 Pour embler nos amourétes, Tesmoingz a nostre deduit :
Autant de baisers, mignone, Je veu je veu qu'on me done :
Adonq en auray-je assez :
40 Adonqg nulle enchanteresse Ne pourra rompre la presse D'eux pellemelle brassez.
[X] Trois et quatre fois heureux Meline les amoureux Qu’Amour d’une couple lie, Qui ne se lachera pas 5 Non a l’heure du trepas Quand tout autre bien s’oublie.
Lors s’oublie tout desir Non pas amoureux plaisir, Ny les flammes bien empreintes 10 En deux cueurs non vitieux, Pour tout le lac oublieux Ne se verront pas eleintes.
Variantes. — [IX] 40. Quand nul ne sçara que monte — 41. En une somme le conte — 42. De nos baisers entassez [X]9. Les flames bien alumees — 12. consumees,
Sources. — [X] Pour le début, Horace, Odes, 1, 13, v. 16-20; mais le modèle principal est Tibulle, I, 3, v. 57 et süIv.
Dans les Champs Elysiens Sont les amantz anciens 15 A mesme mille amouretes :
Par my les prez verdeletz Les dames des chapeletz Leur vont tüissant de fleurettes.
De tortiz environez 20 Et de chapeaux couronez Avec elles couronees, - Main en main s’entretenans, Et deux a deux se menans Sans soing passent les journées.
25 Les uns dansent aux chansons, Les autres aux plaisantz sons Des lutz jointz aux epinétes, Les autres lassez du bal S’ecartent dedans un val 30 Avecques leurs mignonettes.
Sous les myrtes ombrageux Ils sont demenans leurs jeux En toute joye assouvie : La, mortz, nous serons ainsi, 35 Puis que a ces jeux des icy Nous employons nostre vie.
Variantes. — (X] 26. Dans l'édition des Æ£uvres en rime, comme dans celle de 1552, &u, qui est une faute typographique.
Comme d'un pousse savant, O douce esperance mienne, Tu guidois courbe en avant L’aiguille palladienne,
Un traitre trait de tes yeux Trompeusement gratieux, | D'une œillade detournée
A mon ame subornée.
Mon ame ravie en moy De raison me laisse vuide, Et me remplissant d’émoy Mes sens forcenez debride Qui d’un courir dereglé Me transportent aveuglé Jusqu’a te ravir, mon Ame, Un baiser confit en bame,
Un baiserét plus sucré Que la sucrée ambrosie, Mais C’ayant outre ton gré De ce baiser desaisie,
(O peu durable deduit
Pres de l’ennuy qui le suit!
O la douceur courte et brieve Pres de l’amertume grieve !)
Sources. — [xn] Catulle, 99.
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25 Genné, las, cruellement | Je fu plus d’une heure entiere, Comme je veux follement l'aire bonne ma matiere :
Comme par mon larmoyer 30 Je veu ton ire ployer :
Mais tant plus je me lamente, Tant plus ton ire s’augmente.
Mais tandis tu me perdois Torchant ta bouche mouillée, 35 Or d’un or d’un de tes doitz, Creignant qu'elle fust souillée De quelque reste gouteux De ce baiserét moyteux, Comme si quelque couléuvre 40 T’eust baisé la tendre levre.
Depuis tu n’as point laissé D’estre vers moy plus cruelle, Et ma fievre n’a cessé, Mais ard toujours ma moëlle 45 Sans se pouvoir apaiser :
Et ton ambrosin baiser Se fait plus amer, Meline, Que n’est lamere aluyne. Or puis que mon feu chetif 50 De ces tourmentz tu guerdones,
Variantes. — [XI] 25. Mon cœur germé s’en resent — 26. Plus d’une heure en deplaisance : — 27. Et fu contreint innocent — 28. Me purger de mon offence, — 33. Et 3. De chacun de tes beaux — 36. Comme s'elle estoit — 39. ta douce levre — 4o. Eust … quelque coulevre. — 44. Se paissant de — 49. Puis que mon feu violant
Plus ne seray si Aatif,
(Si de gré tu ne m’en dones) A tes baisers Ô mon cueur Mais adouci ta rigueur :
[el ot
Ca ça baise moy sus l'heure,
Situ ne veux que je meure.
[XIT]
Comme je veu, Meline, Pour ma flamme apaiser, Ta bouche cinabrine Outre ton gré baiser, 5 J'oubli mon ame dans Le blanc clos de tes dentz.
Puis quasi hors de vie Je latten plein d’émoy, Elle n’ayant envie 10 De retourner a moy,
Chef, alangouré, Sans ame demouré.
Variantes. — [XI] 51. bruslant. — 54. Adoucy moy —— |XII] g. n’a plus
Sources. — [XII] Marulle, Æprq., lib. Il, éd. crt., ci ro.
Ad Neaeram
Suaviolum invitae rapio dum, casta Neaera, Imprudens vestris liqui animam in labiis, Exanimusque diu : cum nec per se ipsa rediret, Et mora lethalis quantulacumque foret :
Misi cor quaesitum animam, sed cor quoque, blandis Captum oculis, nunquam deinde mihi rediit.
Quod nisi suaviolo, flammamque quoque, casta Neaera
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