Sonnet Comme le roc encontre la menace
au bord d'ou le soleil se léve); plus tard, ampleur et la dignité de lPalexandrin lui parurent mieux répondre à l'importance des sujets. Les mètres des chansons, quoique apparentés par leurs types à ceux dont Ronsard avait usé dès 1550, s’en distinguent par l'étendue des vers et la combinaison des rimes. Ils marquent le premier effort, encore timide, de Baïf dans l’invention lyrique.
Enfin, la connaissance du texte de 1552 permettra de comparer les imitations de Baïf aux poèmes originaux, d'apprécier équitablement les procédés, le mérite de ses traductions ou adaptations. En effet, il est certain que, dans la révision de 1573, le poète a retouché la forme de ses vers sans se préoccuper de reproduire, avec leur nuance exacte, les sentiments qu'il avait eu d’abord lintention d'exprimer, à plus forte raison, sans se reporter à des modèles déjà lointains et oubliés. Or, jusqu'ici, presque tous les critiques qui se sont enquis des sources de Baïf ont jugé les Amours de Méline d'après le texte des Euvres en rime’. Aussi, le plus souvent, leurs opinions portent-elles à faux; ce travail permettra de les redresser.
À l'indication des variantes et des additions de 1573 nous avons Joint celle des sources. Nous avons été
précédé dans cette étude par MM. Francesco Torraca,
1. M. Joseph Vianey est le seul qui se soit reporté au texte de 1552 (Le Pétrarquisme en France au seisième siècle, Montpellier, Coulet . et fils, 1909, pp. 155 et suiv.).
Francesco Flamini et Joseph Vianey'. Tandis que nous poursuivions nos recherches, M. Edgar Shugert Ingraham publiait aux Etats-Unis les Sources of les Amours de Jean-Antoine de Baïf?. Plus récemment, M. J. Vianey indiquait les modèles principaux de notre poète dans son Pétrarquisme en France au seisième siècle”, ouvrage remarquable à tant d’égards et capital en cette matière. Ces divers travaux, il faut l’avouer, enlèvent à la plupart de nos références le mérite de la nouveauté. D'autre part, pas plus que nos devanciers, nous ne prétendons avoir épuisé le sujet. Cependant, plus des deux tiers des poèmes ont été identifiés; parmi les autres, il en est plusieurs qui sont certainement originaux; la découverte de nouvelles sources, toujours possible, ne saurait modifier sensiblement nos conclusions sur le choix des modèles et les formes de limitation dans le premier recueil de Baïf.
Ces conclusions, nous les avons exposées ailleurs‘. IL nous suffira d’en rappeler ici l’essentiel. Au surplus, elles ressortent du simple examen des concordances
1. Francesco Torraca, Gl' imitatori straniert di Jacopo Sanna- £zaro, Roma, Loescher, 1882, in-80. — Francesco Flamini, Di alcune énosservate imitasiont ttaliane in poetlt francesi del Cinquecento (Atti del congresso internaztonale di sciense storiche, Roma, 1-9 aprile 1903 ; Roma, tip. della R. Accademia dei Lincei, 1904, in-80, t. IV, p. 161). — Joseph Vianey, tbid., p. 162, n. 1, et L’Arioste et la Pléiade (Bullelin italien, 1901, p. 195).