‹ Les Amours de Jean-Antoine de BaïfChapitre 7 sur 64 · Columbus, Ohio, Fred. J. Heer, 1905, in · texte numérisé non relu

Columbus, Ohio, Fred. J. Heer, 1905, in

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4. Mathieu Augé-Chiquet, La vie, les idées et les œuvres «d° Jean-Antoine de Baïf, chap. 111.

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établies. Baïf, à ses débuts, pille de toutes mains ; poètes grecs, latins, néo-latins, italiens, tout butin lui semble de bonne prise. Mais, chez les Italiens, 1l préfère à Pétrarque, à Bembo et à Sannazar, qui deviendront dans la suite ses modèles de prédilection, les peintures voluptüeuses de PArioste et la préciosité des Aime bembistes ; volontiers aussi, 1l fausse compagnie à l’Anthologie et à Catulle pour s’attarder aux mignardises de Marulle et de Jean Second. Parmi les rimeurs de ce temps, qui sont multitude, son originalité, remarquée et signalée parles contemporains, consiste à être le poète des lascivetés amoureuses, le chantre des Baisers. Et déjà, sous les gaucheries de l’apprenti-poète, sous la servilité des 1mitations, des traductions, apparaît un tempérament personnel, âpre, rude, mais vigoureux et sain.

Le texte des Amours de Jan-Antoine de Baïf a été imprimé en deux caractères : romain pour les parties conservées, italique pour les parties corrigées ou supprimées. Grâce à cette disposition, on pourra apprécier d’un coup d’œil l'importance des retouches ; elle à permis en outre d’alléger le texte de chiffres ou lettres de renvoi. Une table alphabétique des poèmes l’accompagne, qui donne les concordances avec l’édition Marty-Laveaux. Nous avons respecté l’orthographe, avec ses incohérences, et la ponctuation de l'édition princeps; mais, pour la commodité du lecteur, nous avons substitué ; et v à à et u consonnes.

À MELINE

Mais à qui mieux pourroy-je presenter Ces petis chants, qu'a toy, douce Meline, Mon Eraton, qui la fureur divine 4 Souflas en moy, qui me les fit chanter?

Tu m'i verras une foix enchanter De ta rigueur le souci qui me mine :

Une autre fois en ta douceur benine | 8 Tu me verras gayement contenter.

Le Icy lisant, l'amour qui me tourmente, Tu pourras dire : ah, par si long espace Tf Je ne devoys telle ardeur abuser :

Relisant là, tes faveurs, que je chante Eternisant les honneurs de ta face, ; 14 Tu ne pourras, comme ingrat, m’accuser.

Variantes. — 2. chants d'Amour, — 3. ?car — 4. Tu mis dans — 5. lamenter — 6. Du fier soucy dont ta rigueur

PREMIER LIVRE DES AMOURS DE d.-A. DE BAIF

Desja Phebus sa bride orine tourne, Guidant vers nous ses destriers plus en haut : Ja son flambeau plus matin nous ajourne, Fondant lPhyver d’un rayon tiede-chaut.

5 De Junon le sein froydureux, Soubz un soleil plus chalureux.

Maintenant s’atrempe par Vair :

Elle, qui devant estoit morne.

N’estant plus trouble, ores s’atourne, 10 Sa face ornant d’un teint plus clair.

Variantes. — [1] 2. flamboyans chevaux, — 3. Et plus tardif sur

nos testes sejourne — 4. de rayons tiede-chaus. — 6. chaleureux — 7. Adoucit la rigueur de — 8. fut trouble et chagrine — 9. Dénuble sa face divine — 10. Qui s’esjouit

Sources. — [1] Aime diversi di molti eccellentissimt auttori nuovamente raccolle. Libro primo. In Vinetia. Appresso Gabriel Giolito di Ferrarii. MDXLV, Ottaviano Salvi, 1, 305-7. :

Gia per tornar vicino al nostro polo De lucenti destrier laurato freno Regge passando il maggior cerchio il sole ; A la fredda Giunon tepido il seno Face, et allegro il volto; cui lo stuolo De le pallide nubi oseurar suole.

Le piu riposte et sole Parti veggion la luce Ch'a gioir le conduce ;

Du doux printemps voyei la saison gaye, Qui rit par tout le triste hyver chassé :

IU n'est plus rien. qui du temps ne s’egaye, Fuyant l'ennuy de tout soing effacé.

15 Mais, hélas, celle resplendeur, Que je cherche en si grand’ ardeur, Ne s'asseréne davant moy.

Qui tousjours se monstrant plus fiere, Me pousse, cachant sa lumiere, 20 Au fond d'un tenebreux émoy.

Du triste temps la fempesteuse rage Ores se taist : des forcenans siffletz, Eole enclost le violent orage, Donnant les champz aux Zéphyres molletz.

Variantes. — [1] 12. Le triste Yver sous la terre est — 13. En ce beau mois toute chose 14. Plaisir ha lieu, le dueil fuit — 17. N'est serene devant mes yeux : — 18. Ma belle qui devient — 19. Me cache sa douce — 20. Sous des brouillas disgracieux. — 21. tempestueuse donné par Marty-Laveaux est une inexactitude, — 24. Laschant la bride

Sources.—|1}Lasso l’'amato mio chiaro splendore Ogn’ hor da me piu fugge : et vuole Amore, Ch’ io ’l brami pur, et tenga ogni altro a vile. Onde pien di dolore Vo sospirando il volto almo, et’gentile.

L'ira del crudo et discacciato verno Fugge sotterra; et i rabbiosi venti Strider non fan piu i boschi : et Giove bagna Piu rado il mondo : i dolei suoi lucenti Giorni cosi n’apporta : et gia l’interno Vigor trahe fuor per tutta la campagna, L’odorata compagna Di Zephiro soave, Oime ch’ Amor non have Quieto il suon de gli alti miei desiri :

Ne scema un poco pur gli aspri martiri.

25 Mais a moy mes souspirs venteux, Ne monstrent espoir davant eulx, D’estre veuz en rien acoysez :

Ny mes yeulx pleurantz d’avoir cesse De pleuvoir, si de ma Maistresse 30 Les fiers ventz, ne sont appaisez.

Ores florit et verdoye toute herbe, Et maintenant d’un manteau precieux, Toute la terre, en liesse superbe, S’orne a l’envi des estoyles des cieulx.

35 Et, plus croist le commun plaisir, Plus grand’ douleur me vient saisir, Et plus je peri languissant :

Au moins que, parmy tant de peine, D'une briefve esperance vaine, 40 Quelque peu j'aille verdissant.

Variantes. — [1] 25. Mais moy je ne puis esperer — 26. Avoir repos de souspirér, — 27. Pour aimer trop une beauté : — 28. Mes yeux de pleuvoir n'auront — 29. Si ma rigoureuse — 30. N'adoucissoit sa cruauté. — 31. toute herbe reverdie, — 32. Et d’un manteau de

damas — 33. En sa beauté la terre enorgueillie, — 35. Hé, —

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