‹ Les amours de l'âge d'or: Evenor et LeucippeChapitre 16 sur 22 · LB8 AMOURS · texte numérisé non relu

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Mais, quand , à force d'errer et d'explorer, elle se sentit vaincue par la fatigue, elle s'assit à Tombre d'un épais berceau de m3rrtes,et dit à Évenor, qui venait se reposer à ses côtés, de bénir Dieu avec elle et de lui parler de l'endroit où ils bâtiraient leur demeure. Un instinct de pudeur l'avertissait de distj:aire les regards et la pensée de son fiancé de l'ardente contemplation de sa beauté enivrante.

Alors, ils cherchèrent des yeux le site le plus attrayant pour l'établissement de cette villa prinûtive qui s'élevait dans leurs imaginations comme un temple, chef-d'œuvre de l'art relatif à l'aurore de la vie. Ils en eurent pour tout un jour à choisir l'emplacement de leur sanctuaire. Leucippe se faisait déjà l'idée d'une cabane; car, dans ses jeux enfantins, Évenor en avait bâti bon nombre avec de petites branches, et Leucippe, en les admiranCi les avait imitées. Ds tracèrent donc sur le sable les proportions de celle qu'ils rêvaient ensemble, et ce ftit à mi-côte de la colline qu'ils décidèrent de la commencer, en vue du lac, et à l'abri des rochers qui pouvaient se détacher des montagnes ea cas d'un nouveau tremblement de terre.

Leucippe chérissait les ûeurs, et celles de l'Éden étaient si belles, qu'elle regrettait de les voir foulées et broutées en quelques endroits par les sau-

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vages troupeaux de la vallée. Ces troupeaux s'étaient beaucoup multipliés depuis rencombrement du défilé, et Évenor, â qui la dive avait enseigné la chasse en lui confiant un arc et des flèches, résolut d'en immoler une partie. Ce fut un chagrin pour Leucippe. Elle voulait seulement qu'une palissade fût élevée autour de la partie du jardin où Ton placerait la cabane, pour préserver les plus belles plantes. Mais Évenor lui rappela les leçons de la dive.

— Souviens-toi, lui dit-il, que la destruction est la loi de Tanimalité. Les animaux enfermés ici sont trop nombreux, et tu vois qu'ils se font la guerre et se tuent les uns les autres. Quant Téleïa nous racontait la création terrestre, elle nous montrait chaque être apparaissant aussitôt que l'être destiné à devenir Taliment de son existence commençait à tout envahir. A la plante ont succédé ranimai qui broute l'herbe et la feuille, et rinsecte qui suce la poussière fécondante des fleurs. D'autres animaux dévorent ceux-ci, et l'homme est sans doute destiné à nanger les animaux quand sa race se sera multipliée au point de ne pouvoir plus leur laisser un trop grand parcours sur la terre. Les coquillages de la mer, les œufs des oiseaux, les grains et les fruits même

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