‹ Les amours de ParisChapitre 14 sur 190 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

AïSAl'T DE BINOCLES.

Depuis deux heures que Sainte et Gaston élaient assis aux premières galeries de l'Opéra , c'était pour la jeune lille un enchantement continu. Jusque alors elle ne s'était lait aucune idée de ces jeux magnifiiiues où tous les arts, réunis en faisceau, charment à la fois le regard et l'oreille pour ravir miteux l'inteiligence. .

Elle demeurait sous le poids délicieux d'u«e sorte, de sommeil enivré. — C'était comme un rl^ve d'or ()ui déroulait autour d'elle ses magnifiques illusions.— Elle regardait, elle écoutait. Ses sensations conlu.ses se nièlaieut. — Elle ployait pres((ue sous sa voliiplueu.se lassitude.

Elle était fille d'Eve. Peut-être y avait-il eu sous le noble mobile «jui l'avait portée à parler d'Oi)éra, de bals, de plaisirs, un atome de cette curiosité vague qui est, h tout prendre, un gage heureux de l'ignorance naïve, un attrait de la virginité. Mais nous pouvons allirmer (ju'elle-mémo n'avait point eu la conscience d" ce désir incertain de connaître. Son but avait été d'entraîner Gaston, le pau\Te malade, vers ce mouvement salutaire qu'il repoussait avec pures.se, de le forcer, par une rus:- innocente, à prendre le remède indiqué. On lui avait dit : La jeunesse qui pîoie et se lane est rauiméo par les joies du monde, comme lu Heur penchée se relève aux chauds rayons d'un beau jour. — Elle avait cru.

El, tout à coup, ella se trouvait transportée dans le monde éblouissant dés féeries.— C'était, autourd'elle, le long dos

parois de ce cirque immen.se, une tapisserie animée oii mille visages de femmes souriaient, ondoyaient, sa pencbaient, allumant aux feux diamanlés du lustre l'étincelle provoquante de leurs regards. — Partout des fronts gracieux, de riches chevelures, de blanches épaules, sortant, épanouies, de leur enveloppe de satin ou de vulours.

Il n'y a point de laideur dans ce pêle-mêle inondé de lumière. Ou du moins, ])Our deviner la laideur parmi tant de beauté, il faut l'œil ()erçant de l'envie féminine ou le binocle blasé du fat qui biulle, empoisonné par sa propir sottise.

Tout brille au premier regard. L'ombre manque à ca tableau. L'œil fasciné poétise tout ce qui l'entoure. 11 ne distingue rien que ce qui sourit, scintille ou chatoie. Chaque loge semble un cadre élégant où sa groupe un bouquet d'aimées...

Et quand l'orchestre tonne en ce premi-^r coup d'archet dont on s'est presque autant moqué (jue des tragédies de l'empire ! — car la moquerie, cette monnaie banale des esprits iudigens, prend à partie également ce qui est bon et ce qui est pitoyable; — quand l'énonue salle s'emplit d'un flux majestueux d bannonie qui monte, vibre et s'affaisse lentement en un mystérieux murnuire, comme le cœur novice tressaille ! comme il attend, anxieux, oppre.ssé! comme il e.spère!...

Le dilettante jouit ou fait semblant de jouir ; cela est évident. Sa jouissance est jiurc quand elle est réelle, c'est le triomphe de l'art sur l'habitude. — Mais ne comparez point cette jouis.-ance de l'Iiommc qui sait ou croit .savoir avec l'exta.se de l'enfant transporté .soudain parmi ces merveilles.

Le dilettante se pâme aujourd'hui ; il s'était pilmé hier. Le pli est pris. 11 se pâmera demain. C'est son dessert. Il se pànie comme un autre lit son journal. Il a dans sa poche le bouquet qui traduira son enthousiasme, et son délire, soyez sur, lui lausseia le sang-froid de murmurer brava! ou bravo! en imitant l'accent florentin de son mieux, et en frôlant l'une contre l'autre sans bruit ses niions gantées.

Si c'est un métier sous le lustre, c'est au moins un ri'ile à l'avant-scène,— et vraiment ce rôle innocent n'a rien en soi qui puisse soulever l'ombre d'un blàine.

Mais le novice, mais l'ignorant dont l'àm» a le sens précieux de l'art, que son délire est vrai! que son enthousiasme est sincère ! il juge avec son cœur, et son cœur est ému jusqu'au transport. Il ne sait pas, à coup sûr, plonger froidement dans ces flots abondans d'harmonie le thermomètre pédant à l'aide duquel la critique et la jalousie, — ce qui le plus souvent est tout un, — mesurent l'arbitiaire caprice de leurs jugemens. Il ne sait pas si celte mélodieest savante, si cette rentrée d'orchestre est luguée, si cette cho.se qui passe est une cabaiette, si cet accompagnemonl franchit les barrières cla.-siques de l'usage et sort des vénérables formules du Conservatoire; il no ^ait même [uis, que Dieu lui pardonne ! combien il y a de bémols à la clei'. — lisait que son âiiH- est reniinM' doucement. Son pouls bal plus vite. Sa pensée languif, rappr'lée à son insu vers de suaves souvenirs, ou se replie, caressante, .sur ellemême, selon les rians méandres d'un songe indécis. La musique le saisit, le précise, le do!n|it. Il respire avidement ct^tto atmosphère sonore (jui amoilil cl ir.'TCv. comme IViiivrant pariùm de l'opium. Quelque chos? ds voluptueux court avec son sang dans ses veines...

Peut-être ne vous en souvient-il plus ; mais vous avez dil, une fois en votre vie, éprouver loin cela. Le sens es! comme une planche gravéïî qui s'efiace à mesure qu'on en multiplie les exemplaires. t)(> même ([uc la planche, mise sous presse mille fois, se fatigue et ne rend plus iprime empreinte affaiblie; de même votre faculté de sentir, émoussés.', a perdu jusipi'au souvenir de celte sensation vierge et vive qui bouleversa votre être et vous affola pour une nuit.

Sainte était une nature tendre. Sa douce gaîlé d'habitude n'excluait point les délicatesses d'une exijuise sensibilité. — Durant la première heure, on aurait pu croire que

l'excès imprévu du plaisir pesait sur elle un poids trop lourd. Elle avait momentanément perdu ses fraîches couleurs, et son regard étonné n'avait plus la vive niolnlité de ses jeunes sourires. Il y avait eu elle trop-plein d'émotion.

Gaston, presque aussi neuf qu'elle en face de ces joies inconnues, et plus impressionnable encore, subissait le charme comme elle. Mais Gaston était moins jeune. Il savait le monde davantage. L'amour-propre viril qui vient à l'homme aussi naturellement que la coquetterie h la femme, défendait ses traits contre l'expression trop naïve de son intime ravissement. Il recueillait sa jouissance en luimême autant qu'il pouvait, et contenait ses mains qui voulaient applaudir.

Néanmoins, il était trop loin encore de rindillercnce mal déguisée de ses voisins, pour n'être point remarqué, surtout à cause de Sainte, qui ne prenait point souci de se contraindre...

Quelques doigts moqueurs s'étendaient. Quelques voix chuchotaient et prononçaient en riant ce mot àa provincial, qui est le peminnl d'épicier et résume tout un côté des mépris parisiens.

Généralement parlant, provincial ne désigne point exclusivement, comme on pourrait It croire, un fds de la province, mais bien le Français de n'importe où, qui se donne le ridicule d'admirer quoi que ce soit au monde. Ce mot dans la pensée du Parisien de la rue Saint-iX'uis est le synonyme le plus parfait possible de tout adjectif exprimant la sottise. ,.-.,.

Et \Taiment n'était-ce pas le cas de railler 1 — Ces deux enfans s'extasiaient sans vergogne devant la musique de éossini, que chantaient Nourrit et Mile Falcou.

Il y a manière, d'ailleurs, de faire toutes choses. On peut dire du bout des lèvres : c'est admirable I Surtout si l'on a retenu par fortune quelques-uns de ces termes techniques qui traînent au bas des journaux et donnent tant de couleur aux critiques d'art! — Slais admirer avec son cœur, sans la moindre grimac&ultramonlaiuel... Fi donc!...

Sainte et Gaston tse prenaient point garde à ce qui se passait autoivc d'houx.

Ils éoaeitaient. — Leur âme se suspendait aux lèn'es de cesinWtprèles divins d'une divine musique.

D'abord , ils étaient restés comme écrases sous l'avalanche, de sensations nouvelles qui les assaillait à Timproviste. Us avaient joui en silence , oublieux d'autrui et d'eux-mêmes, inhabiles à se communiquer leurs impressions.

» Puis, au premier instant de répit, ils s'étaient tournés run vers l'autre d'un commun mouvement...

Co fut un muet échange de leurs ravissemens. Leurs re-> gsrds croisés se renvoyèrent toutco qu'il y avait d'émotions en leurs âmes. ■ •

Sainte pleurait. Gaston avait retrouvé le radieux sourire .qu'une joie sans mélange met aux lèvres do la jeunesse. Il n'y avait plus sur sofi beau visage ni souffrance ni tristesse.

Lorsque Sainte io vit ainsi, elle joignit les mains et leva vers le ciel ses yeux brillans d'une ft^rveur passionnée...

On lui avait dit vrai : Gaston puisait à longs trails à cotte source do vir...

La salle cependant était comble, et lorsque la toile tomba sur le finale du premier acte, salué par une décuple salve de bravos, il se fit un mouvement du parterre au eiiitre. Les regards se détournèrent presque tous à la fois de la scène pour errer çà et là des loges aux galeries.

Dans cette évolution de la curiosité, plus d'uu binocle s'arrêta au passage sur le frère et la sœur. Ils étaient beaux tous les deux et semblaient isolés, perdus, au milieu de cette foule qui s'agitait confusément après sou repos d'une heujre, comme une bande d'écoliers au sigual do la récréation.

Ils causaient niaintenaiil h voix basse , malgi-é le murmure incessant (|ui montait du parterre et descendait des galeries supérieures. On eût dit que, timides, ils doutaient

LE SIECLE. — VII

de leur droit à mêler un peu de bruit au fracas des conversations croisées.

Bien des yeux féminins, hardis ou modestes, cherchaien à fixer l'œil errant de Gaston. — Sainte était le point de mire d'une douzaine do vainqueurs qui s'étonnaient do n'avoir jamais aperçu ce charmant visage.

Des mi'lionnaires chauves et des députés mal vêlns la dévoraient de l'œil à l'envi. Elle excita l'attention du banquier Bartolo, du champêtre marquis, le Vautour des Bouquets, et même celle du célèbre prince étranger ïrufaldin...

Il y avait surtout , à l'orchestr© , une lorgnette d'ivoire et dans l'avant-scène de gauche un binocle d'ébène qui luttaient vaillamment de persistance et demeuraient obstinément brai|ués sur la fraîche beauté de la jeune fille.

Les autres télescopes mignons, las de voir que l'attention de Sainte était acquise tout entière à son voisin, tournèrent ailleurs peu à [leu leurs triomphantes explorations, mais ce no fut point sans que leurs proprjétairos eussent exprimé de manière ou d'autre leur admiration.

Sainte fut même, il faut que le lecteur le croie, le sujet d'une conversation de dix minutes, dans un groupe do cinq ou six jeunes seigneurs, plantés à l'extrémité du balcon do gauche. Ceci est important, parce que ces jeunes seigneurs, dont quelques uns étaient bien d'un certain âge, comptaient nu nombre do ces fameux lions do l'Opéra, qu'on place tantôt au balcon, tantôt dans la loge infernale, et que des savans dignes de foi affirment n'avoir jamais existé. :'

Maisn'a-t-on pas révoqué en doute l'existence d'Homère ! — Et des esprits indisciplinés n'ont-ils pas nié les filets de Sainf-Cloud !

(!e qui est positif, c'est quo les sept ou huit messieurs du balcon s'accordèrent à trouver Sainte charmante. Il n'y eut point de schisme parmi cette fine Heur de notre aristocratie, composée de Félicien Chapitaux, héritier présomptif d'une charge d'agent de change, et de ses nobles amis. 1

Ces amis u'ét^ent rien moins que S. B. S. T. Sanguin, de la maison Sanguin et Cloquard de Lyo'n ,• Arsène Bon de Montfermeil , dentiste fort à la mode, qui avait ajouté à si.n nom, pur pure reconnaissance, le nom de son village natal ; Durandin, t'avoue ; et le baron Prunot, neveu du duc de Pliarsale, ainsi titré, sous l'iinpire, eu souvenir d'une escarmouche historique.

Félicien Chapitaux et J. B. S. T. Sanguin étaient jeunes et laids. Arsène Bon grisonnait. Nous connaissons Durandin qui était plus rond encore et plus souriant qu'autrefois. Le baron Prunot avait d'assez belles moustaches et une décoration exotique.

Tous étaient mis avec beaucoup de goût, ceci sans raillerie, car do nos jours, en fait de toilette, le goût n'est pa-i personnel, et Lovelace, chez nous, obéirait srrvilement h son tailleur. Tous parlaient haut, mais sans trop dépasser les bornes. Tous avaient l'air satisfait à un point rfu'il ne nous est pas donné de décrire , et portaient sur le yisage la conscience épanouie de leurs séductions.

— Ah I diable, oui! diable oui ! dit Chapitaux ; — diable, diable,diablel

— Elle est ravissantel s'écria J. B. S. J. Sanguin.

— Quel râtelier ! ajouta le dentiste.

î — Ah ! ah 1 fil le gros Durandin ; — ah 1 voyez-vous !„.

c'est à croquer!... ah ! dame oui!

Le baron Prunot ue dit rien, mais il eut une toux expres- ■ sive, et l'emphase erotique que ce gentilhomme mit à I towner en croc le bout de sa moustache ne laissa pas l'om- I bre d'un doute sur sa manière do voir. ' — Jlais, reprit monsieur de Montfermeil , on dirait

qu'elle a peiu' de regarder do notre côté.

— Etle nous sent I dit J. B. S. T. Sanguin. Le mot lit rire. Il n'était pas joli.

— Ah!. ..conclut Félicien Chapitaux, on aura beau dire!.. Diable, diable, diable !

Les binocles de ces messieurs s'inclinèrent devant cette'

PAUL FEYAL.

observation remarquable et passèrent à d'autres observations.

Il n'en fut point de môme de la lorgnette blanche et do la lorgnette noire qui continuèrent obstinément leur examen.

La lorgnette blanche était, comme nous l'avons dit, à l'orchestre ; elle appartenait à un jeune homme de vingtcinq à vingt-huit ans, vêtu avec une simplicité quehjue peu sévère.

11 tournait le dos à la scène et se tenait debout.

Sa taille était moyenne et vivement arrêtée. Ses épaules larges appuyaient une poitrine pleine, que dessinait en ce moment le drap noir trun habit boutonné jusqu'au menton. Il avait les cheveux châtains, taillés courts et bouclés légèrement par derrière. En 1832, oii chacun portait ses cheveux crépus et toWus, de manière à former la pyramide pommadée d'un redoutable toupet, cette coiffure avait un sans-façon original, auquel ajoutaient le nœud à la diable d'une cravate noire et le laisser-aller empreint dans la pose de notre jeune homme.

Sa figure n'était point régulière, mais cite avait une expression de Iranchise et de hardiesse intelligente qui ne pouvait nulle part passer inaperçue. Son regard ferme et lin brillait sous un grand front que coupaient auprès de la tempe droite deux cicatrices peu profondes, dont l'une semblait récemment fermée. Sa joue, rasée entièrement, gardait ces tons bleuâtres que laisse une barbe épaisse après le passage du rasoir. Il portait des moustaches courtes, arrêtées aux coins de sa bouche et dessinées suivant les contours de sa lèvre.

Dans l'ensemble de cette physionomie il y avait du soldat et de l'artiste. L'atelier ou le"bivouac, — peut-être l'un et l'autre, — avait mis son cachet d'insoucieux abandon sur ces traits mâles et spirituels.

Mais, depuis quelques minutes, ces traits étaient bien loin d'exprimer l'insouciance. Derrière sa lorgnette, le regard de notre jeune homme était ardemment curieux. Il glissait de Sainte à Gaston sans cesse...

Parfois, son bras fatigué s'abaissait pour un instant. Alors, il contemplait Sainte avec le seul secours de ses yeux, qui perdaient leur éclair hardi, pour se faire tendres comme des yeux d'amoureux de quinze ans...

En un certain moment oîi son binocle baissé ne cachait plus son visage, le regard de Sainte croisa le sien.

La jeune fille causait avec son frère. — Elle s'interrompit au milieu de sa phrase commencée. Sa joue, son front, son cou, devinrent tout roses.

Et sur ces vives couleurs glissa un demi-sourire, indécis et confus, tandis que son regard, effarouché, fuyait...

L'autre binocle, celui de l'avant-scène, était tenu par une main ridée et poilue qu'ornait un brillant de toute beauté.

C'était à peu près là tout ce qu'on pouvait voir de la salle, car les deux écrans de l'avant-scèue étaient presque entièrement sortis de leurs coulisses.

Mais que peut un écran, fût-il doublé de sept peaux de taureaux comme le bouclier d'Ajax, contre l'œil perçant du feuilleton î — Derrière l'écran, il y avait un homme de grande taille, paraissant tout près d'atteindre la soixantaine, et une belle femme, aux abondans cheveux blonds, arrivée ou bien près d'arriver à cet âge douteux qui n'est déjà plus la jeunesse.

L'homme avait un élégant costume, qui gardait à sa taille bien conservée les apparences de la force virile. Des crachats brillaient sur sa poitrine. — Son front avait de nombreuses rides, mais ses cheveux, soit nature, soit artifice, étaient noirs.

On apercevait, dans le demi-jour de la loge, ses traits durs et anguleux, auxcjuels ne manquait point pourtant ce caractère de courtoisie que l'habitude impose aux gens du monde.

La dame avait une do ces figures où l'admirable perfection du dessin essaie de remplacer l'expression absente. Chacun de ses traits semblait une étude, (àselée selon la

règle rigoureuse de l'art, et rien ne manquait à la belle harmonie de leur ensemble.

Mais la grâce n'éclairait pas de son attrayant reflet cette physionomie muette et lassée. Il n'y avait dans ces grands yeux bleus que de l'ennui, et parmi les lignes heureuses de cette bouche, il n'y avait que de la froideur.

Il est \Tai que c'était ici un tête-à-tête conjugal, circonstance, où, dit-on, une jolie dame ne se montre point toujours à son avantage.

Le mari et la femme ne se parlaient point.

Cette dernière, appuyée nonchalamment contre la paroi de la loge, gardait une immobilité fatiguée. — Mais le moment vint où elle eut aussi son passe- temps.

Elle se redressa par un mouvement vif, et braqua son binocle sur l'avant-scène qui lui faisait face.

Dans cette avant-scène où se trouvait une grosso femme laide et chargée de diamans, Léon du Chesnel venait d'entrer.

Le binocle de la dame blonde ne se baissa plus. Elle se prit à épier ce qui se passait vis à-vis d'elle avec autant d'intérêt que son mari en mettait à lorgner Sainte.

C'était un ménage sérieusement occupé. — Les deux époux se nommaient monsieur le duc et madame la duchesse de Compans-Maillepré.

Page 1